TOUTE L’INFANTERIE DES LIGUEURS SE REND OU EST DÉTRUITE
les bataillons des Suisses comme une citadelle. Le roi embrassa ce conseil, et commencant aussitôt l'exécution, il fit mettre quatre pièces en batterie. Mais dans l’ardeur et les préoccupations du combat, 1l gardait esprit entièrement libre pour les intérêts de sa politique, et il avait à cœur de ménager la nation suisse, et de conserver son amitié en épargnant ses soldats. Aussi tandis que son artllerie s’avançait pour les foudroyer, il les envoya sommer de se rendre. Convaincus que leur résistance n’était plus désormais qu'un désespoir inutile, ils posèrent les armes, levèrent les mains en signe qu’ils se rendaient, et envoyèrent leurs enseignes au roi. Il eut l'attention délicate de les leur faire rendre'sur-le-champ, et il les adressa au maréchal de Biron, pour leur capitulation, dont les conditions et les termes furent également honorables. Les lansquenets de la Ligue voulaient en faire autant que les Suisses ; mais le souvenir de leur trahison au combat d’Arques était trop vif et trop présent pour laisser place à l’indulgence : 1ls furent tous taillés en pièces. Dans la première chaleur de l'attaque, douze cents fantassins français furent traités de même. Plus tard, le roi parvint à arrèter l’effusion du sang, et à sauver ses sujets égarés, armés contre lui. Au milieu de la mêlée furieuse qui avait eu lieu contre le centre de la cavalerie ennemie, on l'avait entendu répéter sans cesse dans les rangs : « Tue l'étranger, sauve le Français ! » Ce mot, 1l le répéta quand :1l s’agit d’attaquer l'infanterie de la ligue, et 1l eut le bonheur de le voir écouté à la fin. On accorda la vie à tous les fantassins français qui se rendirent : on l’accorda en: particulier aux vingt enseignes ou compagnies qui flanquaient les bataillons suisses !.
1 Discours véritable, p. 245, 246. — P. Matthieu, L. 1, p. 33-35. — Davila, 1. x1, p. 39, 40. — D’Aubigné, t. 11, L. nt, ec. 5, p. 232. — Thuanus, 1 xcvinr, $ 10, p. 848. — Lettre cireulaire de Henri, dans