‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 243 sur 636 · LIV. I. CH. I. LE ROI ET BIRON POURSUIVENT LA CAVALERIE · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. I. LE ROI ET BIRON POURSUIVENT LA CAVALERIE

IT était deux heures, et la victoire était acquise sur tous les points. Le roi, sans perdre un moment, se mit en devoir de la poursuivre avec le gros de son armée, et d’en tirer tous les avantages que le général le plus habile et le plus actif pouvait s’en promettre. Il prit toute la cavalerie, remplissant les vides que la bataille y avait faits avec les troupes de Picardie, les compagnies de d’'Hu— mières et de Mouy, arrivées au commencement de l’action. Îl remit l'infanterie entière au maréchal de Biron, avec ordre de le suivre d’aussi près que possible, puis à la tête des princes et des grands seigneurs, il se précipita à la poursuite des ennemis, en se dirigeant vers le bourg

les Lettres missiv., t. 111, p. 166. - Pasquier, Lettres, 1. x1v, lettre 40, col. 496. — Lettre de Biron à du Haiïllan, p. 176. — Au sujet des préoccupations du roi dans sa conduite avec les Suisses de la Ligue, voici ce que témoignent le Discours véritable et Matthieu. « Sa Majesté se res- » souvenant de l’ancienne amitié et alliance que la nation des Suisses a » de tout temps eue avec cette couronne, se contenta, les ayant ren- » voyés au sieur mareschal de Biron, de leur faire grâce, et au lieu de ».leur envoyer la mort, comme elle pouvoit faire, elle leur envoya la » vie. » — « Le roy se souvenant de l'alliance que les Suisses avoient » à la couronne, et voulant triompher de soi-mesme, comme de ses » ennemis, les receut, se contenta de leur voir mettre bas les armes. » — Pour le mot du roi au milieu de la mêlée, voyez Pasquier et Matthieu : « Est une chose vraiment digne de nostre roy que dans la » meslée il avoit ceste parole souvent à la boùüche : que l’on épar- » gnast le sang des Français, le plus qu’il seroit possible. — Si est-il » vray que ces paroles feurent entendues et louées des ennemis mes- » mes: Tue l'étranger, sauve le François!» — Pour les vingt enseignes ou compagnies de fantassins français sauvées de la destruction, voici ce que dit Biron dans sa lettre à Du Haïllan : « Vingt-quatre ensei- » gnes de Suisses se rendirent-à moy... Il y eut vingt enseignes de » gens de pied françois qui en feirent de mesme, qui les flan- » quoient. » Lettre circulaire du roy sur la bataille d'Ivry, t-1n, p. 165. — En ce qui regarde les divers corps employés par le roi pour la destruction de l'infanterie des Ligueurs, le Discours véritable, après avoir indiqué les troupes de cavalerie, ajoute : « Sa Majesté, avec cette » ralliée, qui grossit en un instant, alla trouver le maréchal de Biron » qui étoit demeuré ferme avec la troupe de conserve. Il avoit été une » fois proposé de rompre les Suisses par l'infanterie françoise de main » droite, qui n’avoit point combattu. »

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