‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 244 sur 636 · ILS EN DÉTRUISENT DIVERS CORPS DEPUIS IVRY JUSQU’A ROSNY · texte numérisé non relu

ILS EN DÉTRUISENT DIVERS CORPS DEPUIS IVRY JUSQU’A ROSNY

d'Ivry: Il avait quelque espoir d’y atteindre Mayenne. Mais le duc avait profité du temps qu'avait emporté la capitulation des Suisses, et organisant, non une retraite, mais une fuite, il avait passé l'Eure avec huit ou neuf cents chevaux restés ensemble, et rompu le pont après lui. Une partie de sa cavalerie, et notamment le corps presque entier des reitres, qui s'étaient retirés à l'entrée du petit bois, arrivés trop tard pour suivre Mayenne, étaient accumulés dans Ivry. Le gué d'Ivry était trop dangereux pour qu’on le tentàt sans un évident péril, et si l’Eure était en cet endroit un obstacle pour la cavalerie royale, elle était pour les vaincus une barrière infranchissable : ils ne pouvaient guère échapper à leurs ennemis. Le roi manda au maréchal de Biron de faire doubler le pas à ses fantassins, et de se porter sur le bourg, à marche forcée. Pour lui, 1l alla chercher avec la cavalerie, le gué praticable d’Anet, à une lieue et demie de là. Biron arrivé rapidement à Ivry, attaqua les reîtres et Les débris de divers autres corps ligueurs : tout ce qui ne périt pas en se défendant, alla se noyer dans l’Eure et dans un marécage voisin de la rivière : 1l y eut plus de sang répandu dans cette action que dans la bataille même. Henri, malgré le long détour qu’il avait été contraint de faire, trouva encore les chemins bordés de ceux des fuyards qui avaient été les moins diligents. Les uns se rendirent à discrétion : les autres voulant chercher un refuge dans les bois, tombèrent à la merci des paysans, qui leur furent plus cruels que n'étaient les gens de guerre, et ne leur firent aucun quartier ; vengeant sur eux les déprédations de la veille, ou s’assurant leur dépouille par leur mort. Le roi les poursuivit jusqu'à Rosny, à huit lieues du champ de bataille et jusqu'à néuf ou dix heures du soir : quand il s’arrêta, il était depuis plus de douze heures à cheval ”.

1 Discours véritable, p. 246, 247. — Thuanus, 1. XCVII, S 10, p. 848,

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