‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 245 sur 636 · LIV. I. CH. I. PERTES DE L'ARMÉE DE LA LIGUE · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. I. PERTES DE L'ARMÉE DE LA LIGUE

Les historiens contemporains supputent d’une manière différente le nombre des soldats de la Ligue tués sur le champ de bataille ou noyés à la journée d’Ivry : le chiffre le plus bas, est 2,600, le plus élevé, 6,000 ; Le plus vrai, peut-être 4,000 !. Le nombre des prisonniers fut considérable et doit être ajouté à la perte de l'ennemi. De la cavalerie, qui avant l’action montait à quatre mille chevaux, deux mille à peine échappèrent. L’infanterie fut entière ment détruite: une partie fut taillée en pièces, une autre capitula, une dernière se dispersa sans retour. Toute l’artillerie, tout le bagage militaire tombèrent au pouvoir des royalistes, qui firent en outre un butin immense, et aux mains desquels restèrent vingt enseignes de cavalerie et soixante d'infanterie, sans les vingt-quatre que le roi rendit aux Suisses : dans le nombre étaient la cornette blanche de Mayenne etle grand étendard rouge du général des Espagnols et Flamands. Plusieurs des principaux chefs ligueurs, étrangers et indigènes, le comte d’Egmont, Eric bâtard de Brunswick, d’Arconat, et avec eux quelques seigneurs français périrent dans l’action. D’autres furent blessés et faits prisonniers : le comte d’Ostefrise, colonel des reitres, Boisdauphin, Fontaine-Martel, Medavy, Thenissé, 849. — Lettre de Biron à du Haillan : « Le roy, voyant le pont cassé, » alla à Anet passer la rivière d'Eure, et me manda que je fisse hâter » les gens de pied, pour aller dans le bourg d’Yvry. Ce qui fut » promptement exécuté, et (je) pense qu'il y fust tué 400 hommes de » cheval. » — Deux lettres de Henri IV annonçant à ses serviteurs la victoire d’Ivry, sont datées du 14 mars à neuf et dix heures du soir. C'est donc à cette heure que s'arrêta la poursuite des ennemis. Il y a sans doute une faute d'impression dans le texte de Matthieu, p. 34, et il faut lire dix heures au lieu de deux heures de nuit. — Lettre du comte de Saint-Paul, p. 8. « Nous poursuivimes la victoire jusqu’à » Mantes, à huit lieues du champ de bataille. »

1 D'Aubigné, t. 111, 1. T1, ©. 5, p. 2392, réduit le nombre des hommes tués ou noyés du côté de la Ligue, à 2,600. Davila, L. xt, t. IT, p. #1, l'élève à 6,000. Henri IV, dans sa lettre circulaire, t. 117, p. 166, et

le Dcons véritable, p. 248, le portent à 4,000 environ. Il faut mettre les prisonniers en dehors de cette supputation.

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