‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 253 sur 636 · RÉSULTAT PRÉCIS DE CES VICTOIRES. SITUATION DE MAYENNE · texte numérisé non relu

RÉSULTAT PRÉCIS DE CES VICTOIRES. SITUATION DE MAYENNE

rité, mais seulement.la majorité ; Ôtèrent presque entjèrement à Mayenne, pour la lui transporter, la force militaire nationale. Elles affermirent done son parti, et lui assurèrent la prédominance. Elles ne firent rien de moins, et ne firent rien de plus : en decà et au-delà est l’exagération.

En fuyant du champ de bataille d’'Ivry, Mayenne se rendit d’abord à Mantes, ensuite à Saint-Denis, où il concerta ses résolutions avec le légat, les ambassadeurs de Philippe IF, ses parents et ses principaux conseillers. I] laissa sa famille à Paris, comme gage donné à cette ville, persuada au légat d'y demeurer pour soutenir la foi et l’opiniâtreté des habitants, nomma le duc de Nemours, son frère utérin, pour commander, avec injonction de faire une résistance désespérée. Il partit le 20 mars et se rendit à Soissons. Là, il dépècha à toutes les cours étrangères, envoyant des agents en Espagne, en Flandre, à Rome, en Savoie, en Lorraine, et demandant les secours d’hommes et d'argent nécessaires pour soutenir le parti. En même temps, 1l essaya de lever une nouvelle armée ; 1l appela sous ses drapeaux les Ligueurs de l'Ile-de-France, de la Normandie, de la Picardie, de la Champagne. La population pouvait fournir de nombreuses recrues : en effet, les grands centres, les villes capitales de provinces restèrent la plupart engagées plusieurs années encore dans le parti de l’Union. Mais après les deux défaites d’Arques et d'Ivry, il y avait mépris et défaut de confiance pour Mayenne, découragement et crainte de la part des Ligueurs. Dans le cours des cinq mois et demi qui suivirent, 1l ne put rassembler que cinq ou six mille hommes, et fut complétement hors d’état de reparaitre en ligne, et de rien tenter contre son ennemi. De plus la masse de la noblesse s’éloigna de lui et pour toujours. Jusqu’alors elle s'était partagée inégalement sans doute,

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