‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 254 sur 636 · LIV. 11. CH. 1. HENRI PREND VERNON ET MANTES · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. 1. HENRI PREND VERNON ET MANTES

mais enfin elle s'était partagée entre lui et le roi, puisqu'on trouve jusqu’à cent gentilshommes dans les luttes secondaires, au siége du Mans et à la bataille d’Issoire. Après Ivry, il ne conserva plus qu’une poignée de nobles. Ce fut là, comme le remarquent les historiens contemporains, l’un des grands affaiblissements de son parti, moins encore parce qu’il fut désormais hors d'état de recruter sa cavalerie des meilleurs soldats, que parce que lun des principaux moyens d’action sur les populations lui manqua, et que tout lustre, tout éclat fut ôté à sa cause !.

Tandis que le duc rassemblait les débris de sa défaite, le roi mettait la plus grande activité à profiter de sa victoire. Le soir même de la bataille d’[vry, à dix heures, il mandait au duc de Longueville et à La Noue d’amener en toute hâte de Picardie et de Champagne des renforts à son armée, et de lui donner les moyens de frapper des coups décisifs ?. Il prit Vernon le 16, et Mantes le 18 . Si au sortir de là 1l eüt pu précipiter sa marche et porter son armée accrue et approvisionnée sur Paris, cette ville était prise, la Ligue morte, le triomphe de la cause royale et nationale assuré. En effet, bien que dans le premier moment Christin et les autres prédicateurs de la Ligue, par leurs sermons, M" de Montpensier et les Seize, par leurs

1 Villeroy, Mém. d'Etat, t. x1, p. 148 B, 152 A. — Thuanus, hist., 1. XCVII, XCVIII. — P. Cayet, chr. nov., L I, p. 195 B; 1. 17, p. 233 A. Le comte de Saint-Paul, dans sa lettre du 17 mars, dit: « Tout com- » mence à bransler, M. de Mayenne ne pourra plus avoir de noblesse. », Cela se vérifia pleinement.

2 Lettres missives au duc de Longueville et à La Noue, en ant du 14 mars à 10 heures, t. 111, p. 169-1714. Dans celle à Longueville : «Il » est question d’user de la victoire... Croyés que c’est la paix de ce » royaume et la ruine de la Ligue. » Dans celle à La Noue: «Je vous » prie de vous avancer en diligence vers Pontoise et Meulan, avec mon » cousin de Longuevile et nos reistres. » C'était une levée de reiîtres négociée par Sancy en Allémagne.

$ Lettre du comte de Saint-Paul, p. 8.

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