‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 266 sur 636 · LIV.II. CH. II. NÉGOCIATIONS PERFIDES. ARRIVÉE DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

LIV.II. CH. II. NÉGOCIATIONS PERFIDES. ARRIVÉE DES ESPAGNOLS

martyre plutôt que de traiter avec lui et de le reconnaître. La fausseté de cette assertion est bien mieux démontrée encore par les faits suivants. Deux conspirations, nommées Journées de la paix ou du pain, furent ourdies dans l’intérieur de Paris, à onze jours de distance, pour livrer la ville au roi (27 juillet et 8 août). Elles échouèrent; mais la part que presque toute la bourgeoisie et le Parlement Brisson y avaient prise était si manifeste, que le gouverneur Nemours et les Seize, craignant qu’ils ne livrassent d’un moment à l’autre la ville à l’ennemi, furent contraints, pour les calmer et les endormir, d’envoyer au roi, avec l’assentiment de la Sorbonne, une députation chargée de traiter des conditions de la paix et de la reddition de la ville. Lés Parisiens avaient done plus envie de capituler que de mourir. L’ardeur et les égarements du zèle religieux étant ainsi tombés, la voie de la réconciliation de Paris et de la France ligueuse avec son roi était ouverte.

Mais la perfidie des princes lorrains et de quelques serviteurs de Henri traversa cet heureux accommodement. L’archevèque ligueur de Lyon, chef de la députation, qui avait le secret du duc de Nemours, demanda au roi et obtint de soumettre les conditions du traité à Mayenne : celui-c1 feignit de n’avoir rien tant à cœur que la paix, et traina les négociations en longueur. Les uns et les autres ne voulaient qu’un délai, au moment où un seul effort du roi devait nécessairement le rendre maitre de Paris, et où quelques jours suffisaient pour conduire le duc de Parme jusque sous les murs de cette ville. Ce délai, ils parvinrent à se le ménager. D’un autre côté, plusieurs chefs de l’armée royale, qui voyaient dans la fin des troubles le terme de leur importance et de leur pouvoir, tinrent Henri inactif, en interceptant les avis et en lui cachant l'entrée en France de l’armée espagnole,

Page 1