LE ROI, VIOLENTÉ PAR BIRON, CONDUIT L'ARMÉE À CHELLES
jusqu’à ce qu’elle fût arrivée à Meaux '. Rien cependant n’était encore perdu-sans ressource, comme on va le voir; mais de nouvelles trahisons bien plutôt qu’une erreur impardonnable, achevèrent de ruiner la fortune du rol. |
Farnèse, duc de Parme, partit des Pays-Bas, à la tête de treize mille hommes, et Joignit à Meaux le duc de Mayenne et son corps d'armée, qui s'étaient portés de Laon à Meaux. Quand le roi fut informé de ces événements, 1l agita avec son conseil le parti qu'il avait à prendre. D’accord avec les plus vieux chefs, 1l était d’avis de laisser seulement un corps de cavalerie devant Paris, et de se porter avec le gros de l’armée à Claye, à trois lieues en decà de Meaux. Le maréchal de Biron fit rejeter cette résolution, et sur son avis l’armée fut conduite à Chelles ‘ au lieu de Claye. Sur le choix de ces deux positions, voici le témoignage du ligueur Villeroy : « On disoit que si Sa Majesté eust deffendu le passage de Claye, dont l’abord est très difficile, à cause d’un ruisseau qui y passe, qui est accompagné d’un marais fangeux, et qu'elle eust laissé quelque cavalerie à l'entrée de Paris pour empescher l'entrée des vivres et la sortie des habitants, elle eust acculé le duc de Parme, et l’eust contrainct de prendre un autre chemin ou de combattre en ce passage avec désavantage. Quoi faisant, peut-être que les Parisiens, qui n’en pouvoient plus, eussent été contraincts de composer et venir à la raison. Ledit duc de Parme craignoit fort, estant à Meaux, lorsqu'on lui représenta le chemin qu'il falloit qu'il tint, que Sa Majesté prist ce conseil. De sorte qu'il fust très aise, quand il trouva ce passage abandonné; encore plus quand il sceut que Sa Majesté avoit
1 Pour ces deux paragraphes, Mém. de la Ligue, t. IV, p. 298-299, 312, 313, 327. — Lestoile, Regist. journ., p. 25 A, 27 À, B. — Thua- DUB LUXCIX, 8 4, 6 IV, p. 871.