LIV. II. CH. II. PARIS RAVITAILLE
, levé son siége, venoit au-devant de luy, et n’avoit laissé aucunes forces auprès de Paris !. » Sully témoigne absolument comme Villeroy, sur la faute commise dans le choix de la position de Chelles, et le retrait du corps de cavalerie que l'on devait laisser sous.les murs de Paris pour intercepter les communications de cette ville avec le dehors. IL nous apprend de plus que cette faute fut imposée au roi par la violence morale que Biron lui fit, à lui et à son conseil ?.
Les vices du plan d’opérations qu'on avait adopté éclatèrent dès le premier moment. Aussitôt que le roi eut retiré ses troupes de devant Paris, les gouverneurs des villes de la Ligue y firent entrer des provisions du côté du quartier de l'Université. Le lendemain de la levée du blocus, le 30 août, le gouverneur de Dourdan envoya une grande quantité de vivres. Quatre Jours après, mille charrettes, parties des environs de Chartres et chargées de . blé entrèrent dans la ville $. Dès lors Paris fut ravitaillé et tiré des extrémités auxquelles 1l avait été réduit jusqu’'alors. |
La seule chance qui restât au roi de s’en emparer était de vaincre le duc de Parme en bataille rangée ou de le contraindre à sortir de France, et de retomber ensuite avec toutes ses forces sur Paris, privé désormais de tout espoir d’être secouru. Les moyens ne manquaient pas à Henri pour atteindre ce but, puisque son armée, compo— sée de vingt-cinq mille soldats d'élite, la plus belle qu’on eùt vue en France de mémoire d'homme, était bien su-
1 Villeroy, Apol. et Disc., t. x1, p. 160 À, B.
2? Sully, Œcon. roy., c. 31, p. 81 B. « Deux jours après, les nostres » quittèrent le logis de Claye mesme, quoique ce füt contre l'opinion » du Roy, et de plusieurs de ses vieux serviteurs. Mais le mareschal de » Biron s'en fit croire, et conseilla de prendre le logement de Chelles, » comme beaucoup plus advantageux. »
BPACayet,:l/11,-p. 27 + A;B.