DÉPART DE LA NOBLESSE. LE ROL FORCÉ DE DISSOUDRE SON ARMÉE
périeure à celle de Farnèse, surtout en cavalerie, et qu’elle frappa le duc lui-même d’étonnement et d’appréhension !. Du 1% au 10 septembre, le roi essaya de l’attirer à une bataille, une première fois en envoyant le comte d'Auvergne et le baron de Biron attaquer ses lignes ; une seconde fois en menaçant Paris : à cet effet, il conduisit son armée dans la plaine de Bondy, et fit tenter une escalade de nuit par Chastillon contre la porte Saint-Marcel.
Le duc se refusa à un combat, se tint retranché dans une position inexpugnable, et le 7 septembre prit sous les yeux de Henri la ville de Lagny, dont l'occupation lui livrait le cours de la Marne. Mais Farnèse ne pouvait demeurer dans les marais voisins de Chelles sans périr. Il fallait de toute nécessité qu’il acceptât plus tard la bataille qu’il refusait maintenant, ou qu'il fit retraite. Dans le premier cas, la supériorité des forces de Henri ne rendait guère le succès douteux ; dans le second, le départ des Espagnols lui livrait Paris. Il s'agissait uniquement, pour le roi, que son armée restàt en corps et tint ferme pendant un mois. La déplorable indiscipline de ses serviteurs tira d’un seul coup son ennemi des plus redoutables difficultés, et lui enleva à lui-même sa dernière chance de réussite. Les gentilshommes, qui servaient à leurs frais, avaient épuisé leurs ressources : prêts à affronter la mort au jour d’un combat, ils refusaient de subir les fatigues d’une guerre, même courte, ajoutées sans interruption aux fatigues du blocus. Ils exigeaient impérieu— sement la bataille sur-le-champ ou le départ. Pendant les dix jours que l’on resta en présence de l’ennemi, la défection commença dans le camp royal. Vainement il leur fut représenté qu’ils avaient devant eux l'Espagnol qui, depuis le temps de Charles-Quint, depuis soixante ans, complotait tantôt par la force, tantôt par les in-
1 P. Cayet, L. 11, p. 245 A.