LIV. IL. CH. II. PARIS DÉLIVRÉE. ACCESSION DES DERNIERS NEUTRES
trigues, la ruine de la France, et qui à présent envahissait son territoire. Vainement 1l leur fut demandé avec prières, avec supplications, de ne pas refuser au roi et à la patrie les moyens de l’écraser. Henri ne put obtenir d'eux cet acte de patience, de constance guerrière, de dévouement. Il fallut qu’il accordât un congé qu’on voulait prendre, qu’on prenait déjà. Le 11 septembre, 1l divisa l’armée en deux parts. Il renvoya dans leurs provinces tous les chefs non soldés, les gentilshommes avec les hommes de leur suite, qui partirent pour la Touraine, le Maine, l’Anjou, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Bourgogne. Quant aux troupes soldées, 1l en garda un corps auprès de lui, et distribua la masse en fortes garnisons dans les villes voisines de Paris : Melun, Corbeil, Senlis, Meulan et Mantes. Cet emploi de ses fortes Fou servir aux projets ultérieurs qu’il substituait déjà dans sa pensée à ceux que ses serviteurs, plus encore que la Ligue et l'étranger, venaient de faire échouer si malheureusement.
Ce qui suivit consolida les avantages obtenus par l’ennemi. Mayenne entra, le 17 septembre, avec des troupes dans Paris. Le duc de Parme prit successivement Saint- Maur, Charenton, Corbeil (16 octobre). L’occupation de ces places, après celle de Lagny, achevait de dégager Paris, et de lui rouvrir la navigation de la Marne, re la Sue et de l'Yonne. Corbeil et ae furent repris par les royaux; le due de Parme fut harcelé par le roi dans sa retraite en Flandre, qu'il opéra du 1° au 29 novembre, sans que ces événements secondaires altérassent les grands résultats acquis. Ce qui restait, c’est que Farnèse, usant de temporisation, et profitant des vices de l’armée royale, avait délivré Paris sans perdre un homme, avait arraché des mains du roi cette ville qui, dans quatre jours au plus tard, se fût rendue à Henri, par l’extrème famine dont elle était pressée ; c’est que le duc, sans bou-