MOBILE DE LA CONDUITE DU MARÉCHAL DE BIRON
ger du poste choisi par lui, avait amené la dispersion de l’armée royale !.
Devant ce résultat disparaissaient les avantages partiels, obtenus sur les divers points du territoire. Vainement le duc de Nevers, le due d'Épernon, le Parlement de Bordeaux, décidés par la victoire d’Ivry, passaient de la neutralité au parti royal; vainement, en constituant ce parti dans le Nivernais, l’Angoumois, la Guienne, ils l’étendaient à toutes les provinces : le roi, reconnu partout, était contesté et combattu partout.
IL est nécessaire d'examiner avec quelque attention et de juger la conduite du chef royaliste qui ménagea au duc de Parme tous les avantages qu’il obtint, et qui devint ainsi le véritable auteur de la délivrance de Paris. Biron n’était pas homme à choisir, par erreur et par ignorance, le poste de Chelles au lieu de celui de Claye. Quand usant de son autorité sans bornes dans le Conseil et dans le parti royal, il violenta Henri au point de conduire malgré ce prince l’armée à Chelles, il savait parfaitement quelles seraient les conséquences de cette déplorable manœuvre. Le roi n'avait pu satisfaire les prétentions mises en avant par le maréchal au camp de Saint-Cloud, et lui abandonner le Périgord en toute souveraineté : 1l lui avait remontré qu’il serait contraint de faire une pareille concession à tous les grands seigneurs, et que le royaume serait dès ce moment déchiré en morceaux. Décu dans son espoir et dans son ambition, Biron avait juré dès lors d’éterniser la guerre qui le rendait l’homme le plus puissant du royaume, et d'empêcher le roi d'obtenir aucun
1 Pour ces trois paragraphes, Lettres missives de Henri IV, des 5, 7, 11 septembre; 10, 15, 27, 28 novembre, t. 111, p. 245-250, -297, 298, 306-308. — P. Cayet, L. 11, p. 245 A, 247 B, 249 B, 252. — Villeroy, Apol et Disc., p. 160 B. — Sully, Œcon. royal., c. 31, p. 81. 82. — Mézeray, t. 111, p. 836-838.