OPPOSÉE A L'EUROPE CATHOLIQUE. NOUVEAU SYSTÈME DE GUERRE
tout entière armée contre lui : il résolut de lui opposer l’Europe protestante, en démontrant à cette dernière que leurs causes étaient étroitement unies, et que le jour de sa ruine serait la veille de celui où les puissances réformées seraient asservies. Il demanda donc à la reine d’Angleterre, aux Hollandais, aux Suisses, aux princes allemands une levée en masse, et 1l assigna à la paie de ces soldats réguliers les sommes considérables qu’il était parvenu à se procurer. L’insuffisance des ressources ordinaires, la vicieuse administration et l’opposition calculée de d’O, que la déclaration et les engagements de Saint- Cloud l’empèchaient de renvoyer, lui refusant également l'argent dont 1l avait besoin, 1l recourut aux moyens extraordinaires que l’on trouvera exposés plus loin ‘. Les préparatifs de ce grand armement, commencés par l’adresse et l’activité de Turenne, dès les derniers mois de 1590, entravés par le nombre et la difficulté des négociations , s’achevèrent enfin l’année suivante, et amenèrent l’armée de la Réforme en France aux mois d’août et de septembre 1591. Le roi recourait aux étrangers, comme les princes lorrains. Mais dans des mesures en apparence semblables, 1l y avait une différence radicale, un frappant contraste, entre ses procédés et ceux de Mayenne et des autres Guises. Toujours roi au milieu de ses plus grandes nécessités, Henri n’abandonnait aux étrangers qu’il appelait dans le pays, ni une ville, ni une lieue de territoire, n1 la moindre partie des pouvoirs publics. Il les réduisait à l’état d’auxiliaires au service du royaume, comme l’avaient été les Suisses depuis le règne de Louis XÏ.
1 Lettres de Henri au duc de Saxe, des 3 et 27 octobre ; aux seigneurs et conseil des Provinces-unies, du 27 octobre; à la reine d'Angleterre et à M. de Beauvoir, fin octobre 1590 ; à la reine d’An-
gleterre, du 30 janvier 1594, t. 111, p. 261, 276, 277, 279, 280-288, 331, 339. — Mémoires de M° Du Plessis, t. 1, p. 197, 198.
En