CHAPITRE II
Troisième campagne du roi. Rapports de la France avec le Saint- Siège. Les Parlements politiques : le Clergé gallican (1591).
Dans la troisième campagne, les entreprises ne peuvent étre que d’une importance secondaire : raison de cela, plan de Henri. Les chefs de la Ligue et Henri font des efforts contraires : les chefs ligueurs, pour dégager Paris ; le roi, pour resserrer chaque jour cette ville davantage, et pour l’amener par la souffrance continue à la disposition de se rendre, — Tentative du chevalier d’Aumale sur Saint-Denis. Tentative du roi sur Paris à la Journée des Farines. I prend Chartres, Auneau, Dourdan. Mayenne s'empare de Château-Thierry. Henri ré‘luit Noyon. — Paris souffre de la disette, et est privé de tout commerce, les masses manquent de moyens d'existence : changement dans les dispositions d'une partie de la population : les artisans et le petit commerce, maudissent la guerre, inclinent à la soumission, passent aux Politiques. Les lieutenants du roi avancent la réduction de la Normandie par la conquête de quelques nouvelles places. — Rapports de la France avec le Saint-Siége, d'abord à la fin du pontificat de Sixte-Quint, ensuite sous celui de Grégoire XIV. Sixte-Quint, hostile dans le principe à Henri et à son parti, est amené, par la coïncidence de divers événements, à changer de sentiment et de conduite à leur égard : il cherche à pacifier le royaume et en vient à une rupture éclatante avec Philippe I : il meurt. — Après le pontificat éphémère d’Urbain VIT, Grégoire XIV lui succède. — Ce Pape, entièrement livré à l'Espagne, attaque violemment Henri par son bref et ses bulles monitoriales, et lève une armée destinée contre la France royale. Les Parlements politiques, le roi, l’Église gallicane se mettent en défense contre l'abus qu'il fait de son pouvoir. Arrêts des Parlements de Châlons et de Tours : édits du roi: célèbre déclaration des prélats assemblés à Chartres.
1591. — Depuis la dispersion de son armée nationale, et dans l’attente de l’armée étrangère, dont il pressait la levée par ses agents, Henri ne disposait plus que de six ou huit mille hommes de troupes régulières. Avec une force militaire aussi restreinte, 1l lui était imposé de n’agir que dans un rayon fort resserré, et tellement choisi, qu’il pût protéger les villes royales de la France du nord contre les attaques des Espagnols partis de Flandre, et du duc de Parme leur chef, De plus, il ne pouvait se livrer