‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 28 sur 636 · PRÉFACE. XXXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXI

les provinces les présidents et conseillers qui soutiennent Pautorité du roi contre les Parlements ligueurs : entre eux, on distingue le grand citoyen Groulart, premier président du parlement de Rouen, transféré à Caen !. Ce sont, enfin, dans le Parlement demeuré à Paris, Edouard Molé, du Vair, Lemaistre; et dans la bourgeoisie, d’Aubray, Langlois, Lhuillier, les avocats Antoine Arnault et Dollé, Lestoile, les deux Pithou, les auteurs de la MWénippée. Le parti des Politiques se compose done de ce que la France a de plus vertueux, de plus savant, de plus éloquent, de plus spirituel tout ensemble, et la supériorité des hommes doit se retrouver nécessairement dans leurs principes et dans leurs actes. En politique, ils demandent le concours dans les affaires publiques des assemblées nationales et des grands corps de l'Etat, purgés de l’esprit de sédition ; ils professent le respect des lois fondamentales qui séparent la monarchie du despotisme, l'usage modéré de la prérogative, la bonne administration, tout ce qui fait la juste liberté et le bonheur du peuple. Mais ils veulent en même temps une royauté, une première magistrature du pays qui soit forte, une royauté légitime, une succession légitime et établie d’après des lois invariables, comme indispensahlement nécessaires pour dominer et mater les factions, tenir les ambitions en bride, déjouer les usurpations. Leurs principes en religion sont la liberté de conscience et de culte, qui laisse Dieu seul juge des croyances, et qui seule peut faire vivre en concitoyens, faire concourir à la prospérité publique, des hommes acharnés depuis un tiers de siècle à leur commune rume et à celle de la France. Leurs principes sont encore la séparation des deux puissances et l'entière indépendance de la puissance temporelle à Pégard de la puissance spirituelle en général, en particulier à l'égard de la puissance du Pape, souverain étranger ; les droits du prince à la souveraineté mis complétement en dehors de sa croyance; la défense des lois et des prérogatives du royaume dans ses rapports avec la cour de Rome, et le maintien des libertés et priviléges de l'Eglise gallicane, consi-

1 Il est désigné dans la correspondance de Henri IV sous le nom de de La Court, seigneurie qui lui appartenait.

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