PRISE DE CHARTRES, DE NOYON ET AUTRES PLACES PAR LE ROI
12 avril, ils capitulèrent; le 19, ils ouvrirent leurs portes au rol, qui, dans les contributions levées sur la ville, dans la vente des blés qu’on y avait entassés, trouva les moyens de fournir quelque temps à la solde de ses troupes régulières. Peu après, il compléta la conquête de Dire par l'occupation d’Auneau et de Dourdan, et il intercepla alors presque entièrement, pour la capitale, les convois de la Beauce. Dans le même temps, Mayenne sempara de Château-Thierry (11 avril), et, joignant cette ville à celle de Meaux, il rendit à la Ligue et à Paris le cours de la Marne moyenne et une portion des blés de la Champagne. Mais Henri leur enleva, par quelques dispositions militaires, cet avantage d’un moment. De plus, 1l prit Noyon le 19 août, après avoir successivement vaincu et dissipé quatre corps de troupes de Ligueurs envoyés au secours de la place. De la sorte il domina le cours de l'Oise sur un nouveau point, étendit et affermit son autorité dans ce pays, alors annexé à la Picardie. Paris était dès lors enveloppé presque partout de villes royales. Dans ce réseau chaque jour plus serré, 1l n’y avait plus que Dreux, Pontoise, Soissons et Meaux qui rompissent encore et empêchassent la continuité. C'étaient les seules villes dont la capitale tirât désormais des provisions : sans être réduit aux horreurs de la famine essuyée naguère, Paris éprouvait la disette, etil ne souffrait pas moins de la totale interruption de son commerce : le marchand était sans profit, le peuple sans travail et sans moyens d’existence *. Tous s’indignèrent, et un notable changement s’opéra alors dans
1 Lettres de Henri IV, des 3, 4 janvier, 19 et 29 avril, 80 juillet, 1, 7, 19 août, t. 111, p. 323-325, 376 et suivantes. — Mémoires de la Ligue, t. IV, p. 340-345.— Chéverny, mêm., t. X, p. 509,510.—P. Cayet, L. v, p. 262, 263, 268, 269, 297, 298. — Thuanus, 1. ci, 811, t. v, p. 61, 64 et suiv. — Sully, Œcon. roy., c. 32, p. 84. — Lestoile, p. 50 B.
3 P. Cayet, 1. 111, p. 283 A.