CEUX-CI DÉFENDENT LE POUVOIR TEMPOREL CONTRE LE SPIRITUEL
La cause du roi, en présence de l'invasion étrangère et des progrès de l'Espagnol, devenait, chaque jour davantage, la cause nationale. Elle n’était pas défendue plus énergiquement, plus heureusement, par les armes de ce prince et de ses lieutenants, que par les décisions des Parlements et du Clergé royalistes. Ces deux corps, qui jusqu’à ce moment s'étaient bornés à autoriser et à soutenir la souveraineté de Henri par leur adhésion, passèrent plus ävant cette année. Ils établirent fortement les principes qui, dans le champ de l’opinion comme sur le terrain du droit public, devaient tracer la limite entre l'Eglise et l'Etat, et servir de digue au pouvoir temporel contre les empiétements et les usurpations du pouvoir spirituel. C'était une application en grand des doctrines des Politiques, au moment où le pouvoir pontifical, avec l'immense autorité qu'il conservait encore, se tournait contre le trône et contre le pays ; dans un temps où passant de Sixte-Quint à Grégoire XIV, il était livré en proie à nos ennemis, et devenait à la fois un instrument docile et une machine de guerre terrible, entre les mains de Philippe IF travaillant à nous asservir. L'historique des rapports entre la France et la cour de Rome, durant les derniers mois du pontificat de Sixte-Quint, l'exposé de la révolution survenue par la mort de ce pape dans nos relations avec le Saint-Siége, vont montrer quel danser nous menaçalt, et quels moyens devaient être employés par les grands corps de l’Etat pour le conjurer.
Sixte-Quint s'était montré hostile à Henri IV lors de son avénement. Dans le but et sur l'espoir de renverser un prince hérétique et excommunié par lui, qu'il considérait comme un ennemi irréconcihable de l'Eglise; d’accabler du même coup la Réforme en France et d’en débarrasser Rome ; d'accroître la puissance du Saint-Siège par l’ascendant qu'il prendrait dans les affaires de Prance