LIV. II. CH. III. RAPPORTS DE LA FRANCE ET DE L'ESPAGNE
il avait hautement favorisé la royauté du vieux cardinal de Bourbon, la lieutenance-générale de Mayenne et leur avait promis l'appui de ses troupes et de ses trésors !. Les événements avaient promptement changé les sentiments et la conduite du pape envers le roi et son parti. Les victoires d’Arques et d’Ivry, les conquêtes et la prédominance sur la Ligue qui les avaient suivies, avaient mis Henri et ses serviteurs en position que l’on comptàt désormais sérieusement avec eux. Partout la conduite du roi avait prouvé qu'il respecterait le catholicisme. Le marquis de Pisani, ambassadeur auprès du Saint-Siége du temps de Fenri ÏIE, resté à Rome après sa mort, avait remontré au pape que le roi avait témoigné l’intention de se faire instruire ; qu'on pouvait concevoir l’espérance de le réconcilier avec l’Eglise, pourvu qu’on n’usàt pas de violence à son égard, et qu’on n’employât pas de moyens contraires à son honneur et à sa dignité ; que Sixte en se portant pour son ennemi, jetterait l'Eglise dans un schisme tout prêt à se former ; qu’en effet, les princes, les seigneurs, la noblesse qui l'avaient reconnu conformément aux lois du royaume, irrités du refus que faisait le pape de recevoir le duc de Luxembourg leur ambassadeur et de les entendre, proposaient déjà entre eux d’élire un patriarche, lequel une fois établi empêcherait à jamais l'Eglise gallicane de rentrer sous l’obéissance du Saint-Siége. Dans Le temps où ces motifs d’un si grand intérêt ébranlaient le pape, les ambitieuses tentatives de Philippe IT le décidaient.
1 Davila, 1. x1, t. III, p. 2, 3. « Ces événements engagèrent le Pape - » à écrire des lettres pleines d'affection au due de Mayenne, et aux » catholiques ligués, et le déterminèrent à les secourir de troupes et » d'argent, afin de les aider à délivrer le cardinal de Bourbon et à » l’affermir sur le trône... Le Pape donna ensuite au légat des lettres. » de change à tirer sur les marchands de Lyon, pour la somme de » trois cent mille écus, avec avis de les employer suivant l’occasion
» et le besoin, mais surtout de les consacrer à la délivrance du car- » dinal de Bourbon. »