‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 291 sur 636 · LE ROI SE DÉFEND CONTRE LES BULLES PAR LES ÉDITS DE JUILLET · texte numérisé non relu

LE ROI SE DÉFEND CONTRE LES BULLES PAR LES ÉDITS DE JUILLET

avec eux une guerre d’édits et d'ordonnances, il s’appliqua à défendre l’indépendance et l’intégrité du territoire, les pouvoirs et le droit public du royaume. Dans son édit du 4 juillet, il établit jusqu'à l’évidence les vérités suivantes. Par suite du pacte conclu entre les Guises, les Lorrains, les Savoyards, les Espagnols, la France devenait pour eux une proie qu'ils déchiraient et se partagealent. La guerre faite à Henri était une guerre d’ambition, non de religion : la religion, mise en avant par ses ennemis, n'était qu'un prétexte pour couvrir leurs convoitises, un instrument pour satisfaire leur avidité !, puisque dès le premier jour de son règne 1l s’était engagé à maintenir le catholicisme; que, depuis lors, son soin constant avait été de le protéger dans ses croyances et dans son exercice, comme le prouvait la notoriété, comme le proclamait la voix publique ; que les officiers de la couronne, les ministres, les conseillers d'Etat, les gouverneurs de provinces et de villes et leurs lieutenants, en un mot les dépositaires des pouvoirs publics aux divers degrés, étaient presque sans exception catholiques. Sans négliger d'éclairer et de convaincre les esprits, le roi sentit que des actes surtout étaient nécessaires. Dans ce même édit, 1l prit de nouveau le solennel engagement de maintenir le catholicisme, de lui donner toute süreté et garantie. Îl promit de se soumettre à la décision d’un concile Libre ou d’une notable assemblée, en ce qui con-

1 «Ils ont abusé du saint nom de religion pour couvrir leur insa- » tiable ambition... Il n’y a si simple qui ne voye que le fait de la » religion dont ils s’arment le plus, c’est de quoy il s’agit le moins. » Les ligues et associations qu’ils ont faictes pour l'invasion de ce » royaume avec le roy d'Espagne, les ducs de Savoie et de Lorraine; » le partage de toute l’usurpation faite et à faire, qui est conclu » entre eux, témoignent assez que ceftrouble n'est qu'une faction » d'Estat; qu’ils ne tiennent cette guerre qu’en trafic et en commerce, » pour y profiter seulement. » (Recueil des ancien. lois franc., t. xv, p. 23, 24).

Page 1