‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 298 sur 636 · LIV. ]1. CH, IV. PROGRÈS DU DUC DE SAVOIE EN PROVENCE · texte numérisé non relu

LIV. ]1. CH, IV. PROGRÈS DU DUC DE SAVOIE EN PROVENCE

soulevèrent les cœurs d’indignation et de dégout, même dans les centres de la révolte. À Paris, la présence de la garnison étrangère augmenta le nombre des Politiques, qui crièrent bien haut que les Francais se donnaient làchement aux Espagnols !.

Au midi du royaume, le duc de Savoie étendit l’invasion déjà commencée en Provence. Aïdé par ses partisans, par ceux de la comtesse de Sault et l’or du roi d’'Espagne, 1l s'empara de l’importante ville de Marseille (2 mars). Berre, dans le voisinage d'Aix, lui fut rendue quelque temps après, et il domina alors sur tout le midi de la Provence. La partie septentrionale, de beaucoup la moins importante, fut conservée à la France par le gouverneur royal Lavalette et surtout par Lesdiguières. Lesdiguières avait réduit Grenoble à capituler le 22 décembre 1590, et après cette conquête établi le parti royal dans la presque totalité du Dauphiné. Ce résultat obtenu, il s'était porté, au commencement de l’année 1591, au secours de Lavalette. Le 4 avril, ils opérèrent leur Jonction, et dans les combats des 15, 16 et 17, ils tuèrent ou firent prisonniers, à Esparron de Palières, trois mille Savoyards et Provençaux ligueurs. Le duc de Savoie essaya de reporter la guerre sur le territoire de son principal ennemi, et 1l envoya une armée de huit mille hommes envahir le Dauphiné et attaquer Grenoble; mais ses troupes furent vaincues, le 18 septembre, à Pontcharra, dans la vallée de Graisivaudan. Deux mille cinq cents soldats restèrent sur la place, et tout ce qui ne périt pas fut mis en déroute. Les deux victoires de Lesdiguières avaient affranchi le Dauphiné et conservé au parti du roi le nord de la Provence. Il n’en restait pas moins que le

1 P. Cayet, L. 111, p. 263, 286. — Lestoile, p. 44 À, B, 52 B. — De Thou, L. C1, cui, traduct., t. XI, p. 460, 470. — Promesse du prince de Parme, pour la Fère, dans les Mém. de Du Plessis, t. v, p. 128.

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