LETTRE DES SEIZE ET DU CLERGÉ LIGUEUR A PHILIPPE IL
de la domination espagnole, tous les partisans à un degré quelconque de Mayenne, menteusement déclarés royalistes, seraient atteints par cette loi des suspects, enveloppés dans cette proseription. Mayenne ne pouvait accueillir ces propositions sans abdiquer : 1l les repoussa avec indignation à la fin de février, et une seconde fois au mois de septembre, quand les Seize, se prévalant de l'évasion du jeune duc de Guise, arrivée au mois d’août, et de l'approbation que ce jeune ambitieux donnait à leurs projets, eurent l’audace de les représenter au lieutenant-général dans la ville de Réthel : Ne pouvant obtenir de Mayenne qu'il se suicidât par une complaisante adhésion, ils résolurent de le faire périr par les mains du peuple, au milieu d’un mouvement insurrectionnel géuéral, que les sermons provoquaient chaque jour.
Quand les conjurés crurent le peuple disposé à leur prêter son bras pour le renversement de Mayenne et le massacre de la bourgeoisie, quand ils le supposèrent enivré des passions et de l’esprit de désordre, au point de ne pas voir ou d'accepter les extrémités auxquelles on l’entrainait, ils commencèrent l'exécution de leur secret projet par un acte décisif. [ls étaient favorisés par l’absence de Mayenne, que les soins de la JEUNES retenalent en Champagne et en Picardie.
Les plus autorisés des Se1ze entre les laïques et les ecclésiastiques, au nombre desquels on comptait Marün, docteur en théologie, Sanguin, chanoine de l'Eglise ie Paris, LAURE qui par cette démarche se Have la route à l’archevêché d'Aix, écrivirent, le 2 septembre, une lettre à Philippe Il, pour lui déférer la coùronne de France, et lui engager leur fidélité comme ses sujets. Voici le texte des passages décisifs de cette lettre :
1 Le texte dans P. Cayet, 1. 111, p. 263-265. — Lestoile, Supplément, p. 62.