PROCÈS DE BRIGARD , OCCASION D’ATTAQUE CONTRE LE PARLEMENT
il n’y a pas un pacte plus ignoble entre une faction et l'étranger. C’est la contre-partie de la déclaration de Chartres; le chef-d'œuvre de la mauvaise religion opposé à l’expression la plus noble de la religion éclairée. Toutes les fois que les entrepreneurs de révolutions ont voulu exciter un mouvement, ils ont toujours Jeté parmi le peuple quelque incident propre à l’agiter et à le remuer profondément. Les Seize publiaient depuis plusieurs mois dans Paris qu'il existait un vaste complot du Parlement et de la bourgeoisie pour livrer la ville au roi, à l’hérétique, et pour perdre la religion. Rien n’était plus faux : le Parlement et la majorité de la bourgeoisie, trèsdistincts des Politiques et du peuple, lesquels en effet inclinaient vers Henri, le Parlement et la majorité des bourgeois restaient fidèles aux 1dées et aux principes de la Ligue francaise. Après avoir tout enduré pendant les quatre premiers mois du blocus de Paris, plutôt que d'accepter un roi huguenot, ils n'avaient cédé à la fin qu'à la menace d’une mort inévitable ; et depuis qu'ils étaient sortis de ces extrémités, ils étaient revenus à leur aversion et à leurs scrupules pour un dénoûüment qui devait mettre un hérétique sur le trône de saint Louis. Mais la Ligue française repoussait énergiquement le joug espagnol, et à ce titre elle avait mérité d’être dévouée à la mort par les Seize. Ainsi qu’il arrive toujours parmi les factieux, une partie des Seize était animée contre l’autre | d’une haine furieuse. Ils avaient dénoncé l’un d’eux, nommé Brigard, à la justice du Parlement comme coupable de correspondance avec le roi et de conspiration contre la ville. Les juges, ne trouvant aucune charge suffisante, prononcèrent l’absolution et l’élargissement de Brigard (fin octobre). Les Seize s’emparèrent de cet incident pour ameuter le peuple contre le Parlement tout entier, en le présentant comme coupable de connivence