ÉTABLISSEMENT DÜ CONSEIL DES DIX
P. D. C., qui estoit à dire pendu, dagué, chassé. » Le témoin oculaire qui fournit ces détails donne à la suite une liste détaillée des proscrits de son quartier !. Cette boucherie était le renversement d’un seul coup de l’ordre social, de l’ordre civil, de l’ordre politique.
Quand les Seize eurent arrêté leur complot dans toutes ses parties et dressé les listes de leurs victimes, ils procédèrent à l’exécution. Du 2 au 14 novembre, ils se réunirent six fois. À près la destruction du conseil de l’Union, au mois de décembre 1589, et à côté du conseil d'Etat constitué et composé par Mayenne, 1ls avaient maintenu leur conseil particulier, mais à l’état de société secrète, dont les membres étaient Les plus déterminés meneurs de chaque quartier. Dans leur assemblée du 6 novembre, ils formèrent au sein de ce conseil une oligarchie démagogique, qui devait donner une force et une activité nouvelle à leur faction, marcher droit à l’exécution de leurs projets, sans reculer devant aucune violence, devant aucun crime. [ls créèrent un conseil des Dix, comité de salut public du temps.
Bussy le Clerc, fameux par l’emprisonnement de l’ancien Parlement et par la spoliation des meilleures familles de la ville; Launoy, prêtre deux fois renégat ; Cromé, dont le père avait été condamné pour péculat commis envers les Etats de Bourgogne; les curés de Saint-Jacques-la-Boucherie et de Saint-Côme, inspirèrent toutes les résolutions du conseil des Dix, et se chargèrent de l’exécution. Le sanguinaire Boucher s’absenta de Paris pour ne pas être trouvé complice des assassinats
Î Lestoile. Registre-journal de Henri IV, Collect. Michaud, p. 64 A, 69 B. Lestoile a vu et examiné ces listes sur lesquelles il était porté lui-même pour être dagué. Ces listes de proscription pour les seize quartiers de Paris, qui ne furent connues que le 25 novembre, furent dressées dans les conciliabules que tinrent les Seize, du 2 au 15 novembre.