LIV. IL. CH. IV. ASSASSINAT DE BRISSON, LARCHER, TARDIF
qu'il avait conseillés. Le 14 novembre, pendant la nuit, ils prirent leurs dernières mesures. Le 15, ils arrêtèrent le président Brisson et le conseiller au Parlement Larcher, au moment où ils se rendaient au palais, le conseil-. ler au Châtelet Tardif dans sa maison. Ils les conduisirent au petit Châtelet, et après avoir formulé contre eux un jugement dérisoire, ils les pendirent à une poutre. Le lendemain 16, ils conduisirent, à quatre heures du matin, les corps à la Grève, et les attachèrent à une potence avec des écriteaux portant qu’ils étaient hérétiques, traitres à la ville, ennemis des princes catholiques.
Depuis l’origine de la révolte contre Henri IE, le Parlement n’était Fe seulement un corps judiciaire c'était de plus un corps politique qui, par ses arrêts, avait prononcé sur les plus importantes quéstions de a publie, sur la succession à la couronne et la souveraineté. De Thou et Villeroy témoignent, qu'après avoir supplicié les trois magistrats, les Seize devaient changer et eribler le Parlement, en dresser un à leur mode; se servir du nom et de l’autorité de la nouvelle compagnie, pour révoquer les pouvoirs de Mayenne, à l’arrivée du duc de Parme en France, disposer à leur gré de l'Etat, et appeler le roi d’Espagne à la couronne. Ils ne doutaient pas que toutes les villes du royaume ne suivissent l’exemple de la eapitale, dont la révolte avait entrainé celle de la France. L’attentat des Seize était le prélude du massacre général de la classe moyenne, et le premier acte d’une révolution conduisant à l’esclavage.
Dans Pa etrent des pouvoirs publics, les Seize avaient commencé par la justice et la grande moitié du pouvoir législatif. Pour être maitres de la situation, ils n'avaient plus qu'à se rendre maitres de la force publique, et ils tentèrent activement de s’en emparer. L’assassinat des trois magistrats n'avait été qu'une surprise,