MAYENNE OPPOSE LES RESTES DES SEIZE À LA BOURGEOISIE
indignement menacés. Le règne de la terreur de ce tempslà prit fin.
En ce qui concerne le gouvernement et l’état des partis, les Seize, dont le nombre diminua de dix mille, selon Lestoile, après l'assassinat de Brisson !, et redescendit à quatre ou cinq mille, les Seize ne furent pas détruits, mais 1ls perdirent leur pouvoir politique; ils cessèrent d'exister comme parti organisé, pesant sur le gouvernement et sur l’administration publique : la prédominance qu'ils avaient exercée jusque-là dans la Ligue passa à la classe bourgeoise, à la Ligue française. Mayenne sauva son pouvoir que la victoire de la faction espagnole lui aurait enlevé. Il opposa les Seize abaissés, mais forts encore, aux Politiques, qui inclinaient plus fortement que jamais vers le roi, et il établit à son profit une politique d'équilibre entre les deux partis.
Cette adresse lui réussit pour le moment. Il y eut quatre ou cinq mille Seize, comme il y avait quatre mille Espagnols qui, tout en détestant le duc, s’opposèrent aux projets des Politiques, les traversèrent et les ajournèrent. Mais, en dernier résultat, cette tactique lui fut plus nuisible qu’utile, parce que ses ménagements calculés pour la masse des Seize lui aliénèrent la plus grande partie de la classe bourgeoise. A son retour à Paris, la Ligue française l’avait pressé d’exterminer sans pitié et sans exception les Espagnols et les Seize, dans lesquels elle voyait avec raison les irréconciliables ennemis de son indépendance et de sa liberté civile. Elle prétendait jouir de ces biens non d’une manière précaire et variable au gré des circonstances, mais d’une manière solide et définitive, et elle demandait que Mayenne les lui assurât par la mort, ou du moins par le bannissement des Espagnols et des Seize. Les Hennequin et Daubray, qui, pendant le blocus
1 Gestoile, Registre journal, p. 124 B, S 3.