LIV. II. CH. {V. PARTIE DE LA BOURGEOISIE PASSE AUX POLITIQUES
de Paris, s'étaient rendus célèbres par l’énergie de leur résistance contre Henri, portèrent la parole à Mayenne dans ce sens, au nom de la Ligue française. Le duc ne leur répondit que par des demi-mesures, et dès lors ils prirent une résolution dont ils ne revinrent pas. Les au— teurs contemporains qui ont étudié avec le plus de soin l’histoire des partis témoignent que, dès ce moment, Daubray et plus de la moitié de la Ligue française passèrent aux Politiques, aux partisans de Henri, avec la conviction qu'il fallait suivre le drapeau du roi quand on prétendait se maintenir Français, et conserver la propriété, la vie, la loi, l’autorité des magistrats. Cette partie de la Ligue francaise, représentée par Daubray, composée des meilleures familles de la bourgeoisie et de la moitié du Parlement de Paris, cessa de presser le roi pour son changement de religion, et se borna à stipuler pour la conservation de la sienne. L’autre portion de la Ligue francaise, qui avait pour chef Marillae, plus tard chancelier, continua à exiger de Henri qu'il abjurût; mais, moyennant cette concession, elle offrit de le recon-— naître. Daubray et les Ligueurs français, ralliés désormais aux Politiques, ne rompirent pas d’abord ouvertement avec Mayenne; mais dans toutes les circonstances, comme nous le verrons bientôt, ils combattirent ses prétentions à la souveraineté, en attendant qu'ils lui arrachassent Paris !.
Quant à la liaison entre l’état intérieur de la Ligue et les relations extérieures, la défaite des Seize enleva à Philippe IT l’une des deux occasions principales qu’il ait eues d’envahir le royaume. Si, avec le concours des Seize, il était parvenu à se rendre maître absolu dans Paris, l’entrainement résultant de l’exemple donné par la capitale, et l'effort de la nouvelle armée espagnole, qui
1 P. Cayet, L. 11, p. 330 A; L. 1V, p. 394 B, 395. — Lestoile, p. 74.