HONTEUSE CONVENTION DE MAYENNE AVEC LES ESPAGNOLS
que Mayenne stipulait que l’infante prendrait dans l’année un mari de l'avis des conseillers et des grands officiers de la couronne ; que le royaume serait conservé dans son entier ; que ses lois et coutumes seraient maintenues. Mais d’abord Philippe avait pour lui l'argent, les armées, les talents du duc de Parme, les intrigues et la corruption dans l’intérieur des villes de la Ligue : qui pouvait répondre à Mayenne qu'il n'aurait pas la main forcée? En second lieu, l’épuisement et les souffrances du peuple étaient si extrèmes, que dans un moment de désespoir 1l était à craindre qu’une partie au moins de la nation n’achetàt la paix à tout prix, même par la soumission à l'étranger. Enfin la guerre et la maladie pouvaient emporter d’un moment à l’autre Henri IV et Mayenne, les deux seuls hommes capables d’arrêter l’usurpation espagnole; et sans sortir de cette campagne, ils faillirent succomber tous deux, l’un à Aumale, l’autre à Rouen. Eux morts, Philippe IT n’eüt-il pas déchiré comme un vain papier les réstrictions en faveur de l’indépendance nationale mises par Mayenne à la souveraineté espagnole? Dans cet état de choses, reconnaitre par une stipulation du lieutenant-général du royaume et de tous les chefs de la Ligue les droits de l’infante à la couronne, c'était fournir à Philippe I la dernière arme, larme d’une légalité apparente pour accabler la liberté publique. Mayenne jouait donc les destinées du pays qui l’avait adopté, pour conserver un pouvoir désormais précaire et déshonoré. Il
» de la sérénissime infante au premier grade, ce qu'il n’ignoroit, et il » respondit qu'il estoit d'opinion qu’on y pourroit entendre, et que » pour cette fois on rompît la loi salique, avec condition que dedans » un an elle se mariast, avec l’advis des princes et officiers de la cou- » ronne et Estat de France. — Faisant nommer la sérénissime infante » royne souveraine de ce royaume... Considérant que la sérénissime » infante, ma maîtresse, sera déclarée royne propriélaire de ce royau- » me. »