‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 322 sur 636 · LIV. II. CH. V. FUNESTES EFFETS DE LA CONVENTION · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. V. FUNESTES EFFETS DE LA CONVENTION

mettait d’abord par les traités l'étranger sur le trône, pour conserver l’éventualité chaque jour plus faible de le lui disputer plus tard. Qu’après avoir consenti formellement, il n’ait pas souscrit la convention de Lihons-Saintot, qu’il n’y ait pas apposé sa signature, qu'ainsi cette convention ne soit pas devenue un traité en forme, cela est possible. Qu'il ait eu dessein de ne tenir aux Espagnols aucune de ses promesses, et de corriger une infamie par un manque de foi, c’est ce que prouve la correspondance diplomatique du temps !. Mais rien de tout cela n’agit sur les événements. Ce qui affecta la situation, ce fut la conviction répandue partout qu’il reconnaissait les droits de l’infante, et qu’il travaillerait à la mettre sur le trône. Les seigneurs de son parti le crurent, le légat le dit partout, le parti royal le tint pour certain. Cette opinion, pendant tout le cours de l’année 1592, donna l’aide la plus désastreuse aux intrigues et à l’ascendant de Philippe, ajouta dans une mesure énorme aux dangers publics ?.

La grande armée que Henri était parvenu avec tant de peine à rassembler sous les murs de Rouen fournissait un moyen sûr et prompt de mettre à néant Les projets du

1 Mayenne a si formellement consenti la convention au 18 janvier 1592, que le duc de Parme dans sa dépêche à Philippe II, Mém. de la Ligue, t. V, p. 62, dit : « D’autant qu'il n'y a doute qu’ils voudront » voir le pouvoir que nous avons de Votre Majesté pour conclure l’af- » faire, je supplie Votre Majesté de l'envoyer au plus tôt à celui qu’il » vous plaira, pour conclure et mettre fin, à ce que nous ne demeurions » pour ne l’avoir au plus beau du chemin. » Lettre de Jeannin à Villeroy, Apol. et disc.,t. XI, p. 181 B. « Ledit président m’envoya aussi » certains articles d'un traicté que le duc de Mayenne avoit déjà fait » proposer aux Espagnols, dont je fus en grand’ peine, encore que » ledit président me mandast qu’ils n’avoyent esté mis en avant que » pour les amuser. » )

2 Villeroy, Apol. et Disc. p. 199. Dans sa conférence avec Villeroy à Gisors, au mois de juin 1592, Henri exprime ainsi l’opinion commune de la France : « Que chacun luy disoit que le duc estoit si er- » gagé avec les Espagnols qu'il ne s’en pouvoit plus séparer ; que le comte » de Brissac l’avoit dit à Saint-Luc que le légat le disoit tout haut, »

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