‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 323 sur 636 · SITUATION DU ROI À L'ÉGARD DE SON PARTI ET DE BIRON · texte numérisé non relu

SITUATION DU ROI À L'ÉGARD DE SON PARTI ET DE BIRON

roi catholique, les concessions de Mayenne, de délivrer à la fois le pays de la guerre civile et des menaces de la domination étrangère. Aux trente mille hommes de troupes régulières du roi vinrent se joindre cinq mille gentilshommes, qu’on était toujours sûr de trouver pour une courte guerre, où 1l y avait des dangers à braver et de là gloire à recueillir. Le roi disposait donc matériellement des forces nécessaires pour écraser l'ennemi du dedans et celui du dehors. Il s'agissait seulement que ces forces fussent loyalement et sagement employées. Henri avait à craindre qu'elles ne le fussent pas, si elles tom-— baient sous l’autorité et la direction des grands seigneurs catholiques de son parti. Leurs dispositions n’avaient pas changé. Par conviction religieuse et par intérêt, ils étaient résolus à ne pas souffrir que Henri vint au-dessus de ses affaires et se rendit incontesté, au moyen de la victoire et de la paix. [ls ne voulaient pas d’un roi huguenot : 1ls ne voulaient pas d’un état de choses où ils devaient perdre le commandement des armées, l’usurpation des droits royaux dans leurs gouvernements et dans leurs terres. Le roi devait donc les retrouver au siége de Rouen ce qu’ils avaient été au blocus de Paris et à Chelles, se faisant une étude de traverser ses succès, et lui retenant le bras au moment où 1l se disposerait à frapper ses ennemis de coups décisifs. Mais il ne pouvait, sans un extrème péril, les écarter du commandement, surtout le vieux maréchal de Biron, dont la réputation et l'autorité dans la guerre étaient sans rivales. Leur disgräce devait mécontenter et soulever la majorité de la nation qui était catholique. De plus, comme 1l le disait lui-même dans l’épanchement de l’amitié, « ils étoient gens pour se séparer de luy, et faire un party à part, ou se joindre à ceux de la Ligue avec lesquels ils ne celoient point qu'ils compatiroient bien mieux qu'avec les Huguenots ; ce qui

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