LIV.II. CH. V. EFFORTS POUR PRENDRE LE FORT SAINTE-CATHERINE
.tranchement à emporter, un combat à rendre contre des chefs et des soldats d’un courage éprouvé, harcelés de plus par de continuelles sorties, ne purent même, au commencement, entamer les ouvrages de l'ennemi. Il resta prouvé alors que s'attaquer au fort Sainte-Catherine, c'était de toutes les manières de prendre Rouen choisir la plus difficile et la plus mauvaise. Cependant c’en était une, parce que la citadelle dominait la ville, et qu’en s’en rendant maître, on pouvait foudroyer Rouen. Aussi dès que le roi vint, à partir du 1” décembre, prendre une part active aux opérations, 1l fit des efforts inouïs pour prendre le fort Sainte-Catherine, et pour ré— parer la faute calculée du maréchal, dirigeant lui-même les travaux, entrant de quatre nuits l’une dans la tranchée, conduisant les soldats à l'assaut, repoussant les sorties, exposant sa vie plusieurs fois chaque jour. Villars, son ennemi, mais son ennemi généreux, s’écriait avec admiration que ce prince, par son habileté et sa valeur, avait mérité mille couronnes pareilles à celle qu'il portait *. Mais les difficultés de l’entreprise et les rigueurs de l'hiver l’empêchèrent d’obtenir aucun avantage décisif pendant le mois de décembre 1591 et la première moitié du mois de janvier 1592. Il n'avait encore emporté qu’une partie des ouvrages avancés de l’ennemi, quand il apprit que les ducs de Parme et de Mayenne s’avançaient avec une armée de 23,000 hommes pour lui faire lever le siége. Il laissa au maréchal Biron le soin d'en continuer les opérations avec toute l'infanterie de l’armée royale et l'artillerie : il espérait que le désir de soutenir sa réputation devant la France et l'étranger, l’obligerait à conduire l’entreprise avec fidélité et habileté. Le roi prit le commandement de la cavalerie qui
1 Sully et P. Cayet, 2hid. — D'Aubigné, L ur, ce. 13, p. 258.