‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 333 sur 636 · ÉTAT DE LA FRANCE APRÈS LE VAIN SIÈGE DE ROUEN · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA FRANCE APRÈS LE VAIN SIÈGE DE ROUEN

placés si près pour recueillir les témoignages des contemporains, qui fournissent les détails que nous venons de reproduire, et qui montrent comment les chefs royaux parvinrent à faire avorter les admirables combinaisons et les prodiges d'activité de Henri !

Farnèse, défait en toutes rencontres et blessé, avait été contraint à la retraite, ou plus exactement à la fuite : le territoire était momentanément délivré de l’invasion de l’armée espagnole, dont près de la moitié avait été détruite. C'était à ces incomplets et insuflisants résultats que se bornait tout l’eflort de cette guerre. Le roi avait espéré, Justement espéré, «qu'il feroit perdre aux Espa- » gnols le chemin ou l'envie de plus venir troubler et ra- » vager le royaume ; que la campagne d’Yvetot seroit un » coup de partie pour la France et pour lui-même * Ces espérances étaient renversées, ce coup de partie perdu. Ses généraux et ses serviteurs, ou ceux qui se di saient tels, avaient fait écliouer le siége de Rouen, comme. ils avaient fait avorter le blocus de Paris. La Ligue demeurait debout ; toutes les grandes villes, toutes les capitales de provinces, au nombre de vingt-quatre,

1 Pour les quatre derniers paragraphes, lettres missives des 1%, 5, 7, 11, 17 mai, t. 111, p. 629, 625, 627, 698, 632, 634, 637. — A la date du 17 mai, Henri indique comme accompli le passage de la Seine à Caudebec par Farnèse. Cela est confirmé par Lestoile, qui place le passage de la Seine, par le duc de Parme, le samedi 16 du mois de mai, veille de la Pentecôte, et qui a vu, le 18 mai, l’armée des ducs passer par Paris (Regist. journ., p. 86 B). — Les autres contemporains placent ce passage au 20 et au 22 mai. — Thuanus, 1. cr. — Supplém. de Lestoile, p. 87 B. — Cayet, L. 1V, p. 369 A, B. Il y a chez eux erreur de date prouvée par les-lettres missives. Contre le témoignage des mêmes lettres, p.625, Sully, c. 35, p. 98 A, d'Aubigné, €. 15, p. 266, Cheverny, t. x, p. 516 B, placent la blessure de Farnèse, non au siége de Caudebec, mais à l’un des combats que lui livra Hebri entre Yvetot et Ranson. — Pour la conduite du vieux Biron, à Ranson, voir, outre Sully, le Suppl. de Lestoile, p. 97 B; Mézeray, Grande histoire, t. I, p. 946, 947, in-fol.; Péréfixe, 2e partie, p. 167, in-8°, édit. 1893.

2 Lettres missives des 7 et 11 mai, t. 111, p. 632, 634.

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