‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 334 sur 636 · LIV.II. CH. V. PRISE D'ÉPERNAY ET DE PROVINS. MORT DE BIRON · texte numérisé non relu

LIV.II. CH. V. PRISE D'ÉPERNAY ET DE PROVINS. MORT DE BIRON

révoltées et les armes à la main; le roi épuisé d'argent, hors d’état de rassembler de nouveau une grande armée, convaincu d’impuissance dans son projet d’abattre la révolte ; la France enfin déchirée, ouverte aux nouvelles invasions de Philippe IT, livrée intérieurement à ses in— trigues et à ses progrès.

Durant les premiers mois qui suivirent le siége de Rouen, ce qui se passa sur presque tous les points du territoire confirma, aggrava même ce malheureux état de choses. Dans le rayon de Paris, après le départ des Allemands auxiliaires, après les pertes et les fatigues du siége de Rouen, tous les progrès de l’armée royale se bornèrent à l'occupation de deux places très secondaires. L'une était à Epernay, dont le duc de Parme s'était em— paré au milieu de sa retraite, et que le roi reprit le 8 août ; au commencement du siége, le vieux maréchal de Biron fut emporté d’un coup de canon !. L'autre était Provins. En voyant le roi tombé de l'attaque de Paris et de Rouen à celle d'Epernay et de Provins, qui lui résistent longtemps, on sent quel était le déclin de sa fortune.

Les événements survenus dans les provinces, Hat tèrent encore à cet abaissement momentané du parti royal, et favorisèrent l'invasion espagnole dans nos pays de frontière. Philippe IT avait envoyé un nouveau corps de 5,000 Espagnols au gouverneur de Bretagne, Mercœur. Celui-ci s’indignait des secours trop grands et trop fréquents que lui imposait le roi catholique; mais dans la situation honteuse où 1l s'était placé, il n'avait plus la Bberté de la résistance, ni même de la plainte : 1l était réduit à laisser faire. L’accroissement des forces des Espagnols, l'impuissance de Mercœur avaient éveillé toute

1 Lettres missives, 10 juillet 15992, t. 111, p. 645. — P. Cayet, 1. 1v, p. 371 B. — Thuanus, L €ut, $ 6, t. v, p. 130-132.

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