PROGRÈS DU TIERS-PARTI, DANS LE PARTI ROYAL
la pacification du pays (27 janvier 1593). Déclaration du roi du 29 janvier 1593, annonçant à la France et à l'Europe entière qu’il est prêt à réaliser la promesse d’abjurer et de se convertir, qu’il a faite l’année précédente,
Dans le même temps que Henri avait à gémir et à s’inquiéter de ces pertes essuyées sur les divers points du territoire, 1l voyait les principes de dissolution se développer au sein de ce parti royal qui, depuis trois ans, avait fait seul Le salut du pays. À partir de la fin du mois d'avril, et après le mauvais succès du siége de Rouen, le Tiers-parti s'était grossi de d’Aumont, de Longueville, de Nevers, et d’autres chefs royalistes. On voit dans la correspondance des ligueurs Villeroy et Jeannin pendant le mois de mai, que ces chefs étaient entrés en relations suivies avec Mayenne qui les trompait, et n’affectait de vouloir s'entendre avec eux pour pacifier la France, que dans le double but de les débaucher du parti du roi, et de les opposer à Philippe IE, pour ralentir les poursuites de ce dernier. On voit que ces seigneurs prévoyaient le cas et annoncaient le moment où 1ls abandonneraient le roi, si dans un délai fixe il ne leur donnait satisfaction au sujet de la religion et des intérêts de leur ambition tout ensemble !. On voit encore dans les divers écrits du temps que les grands seigneurs des deux partis pressentaient la prochaine dissolution de l'Etat, et s’apprêtaient chacun à en saisir un lambeau.
Ces mauvais vouloirs et cette désaffection, ces projets égoistes et insensés, Ôtaient toute force sérieuse et durable au parti national, en morcelant, en éparpillant ce qui, réuni jusqu'alors en faisceau, lui avait permis de résister à l'étranger. Un nouveau et plus pressant danger le menaçait encore. La Ligue allait entrer forcément dans l’élection d’un roi. Cette faction, comme le déclare Villeroy,
1 Lettre de Jeannin à Villeroy à la date du 8, mai 1592, Apol. et De ALUXT, p. 191 B.