‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 34 sur 636 · XXXVIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXVIII PRÉFACE

comme prince, il s’imposa de n'avoir d'autre passion que lamour de sa nation et l’accomplissement de ses devoirs de roi. Quant aux incroyables difficultés de la seconde moitié de sa tâche. la restauration de l’État dans toutes ses parties, le rétablissement de la chose publique dans tous ses détails, 1l surmonta ces obstacles par la puissance et la flexibilité de son génie, l’énergie de sa volonté, et une activité qui tient du prodige.

Dans la seconde partie de son règne, on le voit régler et réformer le gouvernement en ce qui concerne l’exercice du pouvoir, l’ordre publie, la justice, l'instruction publique. Ses travaux administratifs s’étendent aux finances, soumises pour la première fois à une comptabilité régulière ; aux impôts, dont l’assiette est changée par l'augmentation de limpôt indirect et la diminution de l’impôt personnel; à l’armée de terre transformée, ou plutôt créée par une organisation entièrement nouvelle; à la marine, aux arsenaux, aux places fortes, à tout ce qui concerne la défense du territoire, comme aux établissements qui intéressent la santé et la salubrité publique. Sa vigilance et sa protection se portent sur les arts divers de la paix, dont il s’occupe en même temps; sur l’agriculture, sur les industries de première nécessité et de luxe, sur le commerce intérieur, sur les voies de communication par terre et par eau, sur le commerce extérieur, sur les colonies et les compagnies de commerce. Il a encore des soins et dès encouragements pour ce qui fait la gloire d’une nation civilisée, et entretient chez elle le flambeau de l'intelligence, pour les sciences, les lettres, les beaux-arts, et il érige de toutes parts de grands monuments. Sully témoigne en vingt endroits de ses Mémoires quelle part active et personnelle il prit à ces réformes et à ces créations. C’est bien de lui dont on peut dire qu’il pensait n'avoir rien fait tant qu'il restait quelque chose à faire; et quand il n’aurait fallu que le temps pour ce prodigieux travail de l'entière réorganisation d’une société, on s'étonne que le temps ait sufli.

Nous n’insisterons pas sur ces institutions et sur ces établissements ; nous ne présenterons pas ici en petit ce que l’on trouvera en grand dans notre ouvrage, mais nous réunirons

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