‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 341 sur 636 · LIV. 11. CH. VI. LA LIGUE A LA VEILLE DE L'ÉLECTION D'UN ROI · texte numérisé non relu

LIV. 11. CH. VI. LA LIGUE A LA VEILLE DE L'ÉLECTION D'UN ROI

ne pouvait plus se soutenir avec l'autorité bâtarde de la lieutenance-générale de Mayenne, encore abaissée et affaiblie par ses défaites. La Ligue avait indispensablement besoin d’un pouvoir plus légitime, plus franc et plus fort !. D’une autre part, Philippe IT exigeait l'élection, et Mayenne, à bout de mensonges et de promesses troie peuses, était obligé de la lui or pour obtenir de lui les armées et l'argent qu’il ne voulait plus accorder qu’à ce prix. Enfin, le nouveau pape Clément VIIT, élevé comme son prédécesseur au pontificat par la faveur de l'Espagne, entièrement livré comme lui à Philippe IT, pressait la France de se choisir un souverain, et un souverain catholique. Il s’adressait à la fois aux princes et aux villes de la Ligue, comme l’établissent ses brefs adressés au duc de Nevers et à la ville d'Arles (15 février et 7 mai). Il les pressait, les conjurait de sauver la France et la foi catholique. Par un autre bref en date du 15 avril, il déléguait expressément son légat en France, le cardinal de Plaisance, l’un des diplomates les plus adroits et les plus actifs de ce temps, pour concourir à cette élec— tion. Il excluait du trône Henri IV qu'il nommait un tyran hérétique ; 11 demandait qu’en son lieu et place on choisit un roi catholique qui püt le terrasser et l’exterminer ?.

Pressé par ces autorités et ces nécessités si diverses,

Mayenne, dès le commencement de 1592, avait formellement consenti l’élection d’un roi et la convocation d’une

1 Villeroy, Apol. et dise., p. 207 A. « Le duc de Mayenne ne pou- » voit plus maintenir le party sans un roy. »

2 Brefs du pape Clément VIII dans les Anc. lois françaises, t. XV, p. 37, 38, 39. « Vestræ sunt partes regni istius salutem et catholicæ » fidei causam contueri, cui utrique rei infestus animo atque armis » lyrannus hœreticus. Ilius furori opponatur virtus regis optimi verèque » christianissimi. Fore enim omnes vident ut hoc facto illius vires » minuantur et planè concidant. »

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