‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 344 sur 636 · LE ROI RECOURT AUX NÉGOCIATIONS ET AUX CONCESSIONS · texte numérisé non relu

LE ROI RECOURT AUX NÉGOCIATIONS ET AUX CONCESSIONS

velle guerre et par d’intolérables souffrances, d’une du rée indéfinie.

Le miracle qui sauva notre patrie du joug de l’étranger ou de la ruine intérieure, ce miracle, pour reprendre l'expression du duc de Rohan, fut le génie politique et la patriotique abnégation du roi. Il avait épuisé l’un après l’autre tous les moyens de la contrainte pour abattre la révolte, pour rétablir l’ordre et la paix. Depuis son avénement jusqu’à la fin du siége de Paris, 1l s’était servi plus particulièrement des catholiques et des nationaux. Depuis la fin de l’année 1591 jusqu’à la mauvaise issue du siége de Rouen, il avait employé surtout les Réformés de France, les Réformés de toute l’Europe; 1l en avait fait le fonds de son armée, de sa force militaire, et il ne s’était aidé des catholiques royaux que comme d’auxiliaires. Avec les uns comme avec les autres, la guerre, les moyens de la force avaient complétement trompé ses eftorts et ses espérances.

Il ne lui restait plus que deux moyens de mettre fin à une guerre civile de trente années, et de retenir le pays qui glissait vers lPabime. Le premier était d'amener Mayenne et la Ligue à poser les armes, à se réconcilier avec lui, et d’opposer à l'Espagnol les partis réunis au moins dans cette pensée. Dès qu’il vit Le siége de Rouen mal tourner, il entama des négociations, qui durèrent pendant les trois mois d'avril, de mai et de juin 1592. Il poussa les concessions jusqu'aux dernières limites pour obtenir une paix indispensable.

Mayenne, ses parents, les principaux seigneurs de la Ligue élevèrent alors des prétentions qui révèlent à la fois combien ils avaient hardiment exploité la religion et les croyances du peuple, au profit de leur ambition ; quels projets féodaux nourrissait alors la haute noblesse; dans quel affaiblissement étaient tombés le parti et la puis-

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