MOUVEMENT DE DÉFECTION A PARIS. RESISTANCE DE MAYENNE
malgré sa présence. Dans les assemblées particulières des quartiers de Paris, treize sur seize décidèrent que l’on sommerait le roi de Navarre de se faire catholique, parce que le seul motif de la religion séparait de lui le plus grand nombre de ses sujets, lesquels n’attendaient que d’être rassurés dans cette crainte pour poser les armes. [ls demandèrent en même temps que l’on traitàt avec lui de la liberté du commerce et du trafic. Cette résolution, prise le 26 octobre, dut être portée par leurs députés à l’assemblée générale de l’'Hôtel-de-ville. Le lendemain 27, la Cour des comptes prit les mêmes conclusions, et chargea son président d’Ormesson de les porter à Mayenne, et d’insister auprès de lui pour qu'il avisät à faire la paix‘.
À cet entrainement de la bourgeoisie vers la conciliation et vers l’autorité légitime, Mayenne opposa tous les moyens de résistance que lui offrirent le pouvoir exécutif dont il était détenteur, sa politique rusée, son alliance intermittente avec l'Espagne et Rome, ses ennemies il est vrai, mais plus ennemies du roi, habituées à se réunir avec lui contre Henri, dans les moments de péril commun, sauf à le combattre lui-même plus tard, quand la victoire serait acquise. 11 opposa ses troupes et la garnison espagnole à toute manifestation armée de la population parisienne. Le nouveau légat, le cardinal Séga, avait recu du pape un bref daté du 15 avril, par lequel il était délégué pour procurer l’élection d’un roi catholique, à l’exclusion de Henri, qui, disait le bref, persécutant les catholiques, les animant tous les jours les uns contre les autres, protégeant les hérétiques, ne pouvait jamais remplir le trône de France. Mayenne, à l’aide de la surprise et peut-être de la complaisance de trois des quatre présidents qu'il avait nommés l’année précédente, fit enregistrer au Par-
1 Lettres missives du 24 octobre, t. 11, p. 693. — Lestoile et son Supplém., p. 96 A, 98 À. — Mém. de Marillac, t. x1, p. 546 B.