XE. PRÉFACE
de l'État dans des assemblées générales et réunies périodiquement, parce que la nation, comme le prouvait une récente expérience, n’était pas mûre pour ce gouvernement ; condamnant d’un autre côté la monarchie absolue, il établit la monarchie tempérée, donnant pour contre-poids au pouvoir royal . la légalité, les libertés particulières et locales qu’il respecta religieusement, et la liberté de parier avec la plume, de s’adresser à l'opinion publique, de la prendre pour auxiliaire; liberté qui seule suffisait pour garantir les droits de la nation, éclairer et contenir le gouvernement. Sa maxime et celle de Sully fut « que plus les potentats s’arrogent d’authorité, et » entreprennent de faire des levées tortionnaires sur leurs » sujets, plus ont-ils des desirs dereglez, et s'engagent à des » despenses plus excessives à la ruine de leurs peuples. Que » les levées de deniers ne pouvoient se faire que par le com- » mun consentement des peuples, avec le gré et l’octroi des » trois Estats du royaume. » Conformant leur conduite à ce qu'ils tenaient pour une loi, non-seulement ils ne dépassèrent jamais la somme votée par les Notables réunis à Rouen, mais restèrent même au-dessous de quatre millions dans les dernières années du règne, et dès qu’il devint possible de diminuer les dépenses. Le roi respecta toutes les franchises et libertés de la nation existantes, etnotamment le système représentatif établi dans les pays d’États. Ces provinces, au nombre de six avant. lui, furent portées à sept après la réunion du Béarn et de la Navarre à la couronne : leurs assemblées ne présentaient aucun des inconvénients des assemblées générales de la nation, leur pouvoir se bornant au vote des impôts et à la décision de questions d’un intérêt local. Leurs députés usérent en toute liberté de ces pouvoirs, puisqu'on voit par les lettres du roi qu'ils repoussèrent en quelques circonstances les propositions du gouvernement. Henri étendit le régime représentaf partiel en établissant, par les dispositions de l’édit de Nantes, la périodicité et la légalité des assemblées que les calvinistes devaient tenir. La prérogative des Parlements, en en retranchant l’excessive extension qu’elle avait prise durant les troubles, se bornait à faire des remontrances. Le roi les souffrit dans toutes les occasions, en profita dans plusieurs, et ne les