MESURES PRISES PAR MAYENNE POUR RELEVER SON PARTI
pour ranimer l’ardeur et le dévouement des ligueurs gui-
sards, et pour regagner et rattacher à sa cause ls li gueurs français. En traitant avec les premiers, 1l s’adressa à l'intérêt personnel : parmi les seigneurs qui avaient suivi sa fortune et celle de sa famille, il éleva à la dignité de maréchaux de France La Chastre, de Rosne, Boisdau phin, Saint-Pol, et à celle d’amiral Villars, le défenseur de Rouen : cette nomination, faite dès le mois de décembre 1592, reçut sa publicité et sa consécration en Parlement au mois de janvier de l’année suivante. Avec les ligueurs français, Mayenne fit agir d’autres mobiles. Le 22 décembre, 1l obtint du Parlement de Paris un arrèt qui cassait celui du parlement de Chälons, comme portant atteinte au respect dù au Saint-Siége. Ses émissaires envoyés à Rome, joignant leurs importunités à celles des ministres espagnols, empêchèrent Clément VIIL d’accueillir les avances du roi et de prèter une oreille favorable à ses ambassadeurs Gondy et Pisany. Boucher et les prédicateurs de la Ligue eurent grand soin d’en répandre la nouvelle à Paris du haut des chaires, et intimidèrent la conscience des catholiques, en prétendant qu’ils ne pouvaient reconnaître Henri et traiter avec lui, sans fouler préalablement aux pieds l'autorité du pape (27 décembre). En même temps arrivait à Paris le cardinal Pelevé, archevèque de Reims, qui devait présider dans les États de la chambre du die et qui, animé contre le roi d’une haine irréconcihable, essaya de la communiquer à plusieurs des chefs de la bourgeoisie, avec lesquels 11 se mit en rapport. Tous ces membres du clergé ligueur étaient plus favorables à Philippe IT qu’à Minc: ; mais le duc se servait d'eux pour nuire à Henri, et comptait sur son adresse et sur la mauvaise fortune présente du roi catholique, pour les empêcher de porter les choses aux extrémités où ils voulaient les conduire.