‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 363 sur 636 · LIV. II. CH. VI. SON MANIFESTE DU 24 DÉCEMBRE, SES CALCULS · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. VI. SON MANIFESTE DU 24 DÉCEMBRE, SES CALCULS

Enfin Mayenne fit à l'opinion publique un appel, et présenta aux ligueurs français un espoir très-dangereux pour le roi. Il publia : une déclaration raisonnée et Atos destinée à justifier sa conduite, à rejeter sur Henri tont l’'odieux des malheurs publics, à détacher de son parti, et à entraîner dans celui de la Ligue, le Tiers-parti et les catholiques zélés qui jusqu'alors, tout en traversant le roi, en intriguant contre lui, étaient pourtant restés sous ses drapeaux. Dans ce manifeste, 11 cherchait à établir que la Ligue avait légitimement combattu, et devait continuer à combattre un prince qui s'était placé lui-même hors de la coutume et de la loi de la France. Tous les rois de France, depuis Clovis, disait-il, avaient suivi la foi catholique : à leur sacre, 1ls promettaient de vivre et 'de mourir dans cette foi, de la défendre et de la maintenir, d'extirper l’hérésie; sur ce serment était fondé celui d’o— béissance et de fidélité que leur prêtaient leurs sujets : les États de 1576 et de 1588 avaient converti radicalement l'antique coutume en loi fondamentale de l’État, et exclu du trône, comme incapables, tous les princes hérétiques. Mayenne ajoutait que Henri avait perdu tous ses titres à la royauté pour les catholiques de la Ligue, parce qu'il était excommunié par l’Église et privé des droits qu’il pouvait prétendre; pour Le catholiques royaux, parce qu’il ajournait depuis quatre ans la promesse qu'il avait faite à son avénement de se convertir et d’abjurer dans les six mois. S'il parvenait à établir son pouvoir d’une manière incontestée, la religion catholique serait perdue dans le royaume, comme le prouvaient les violences de ses Parlements contre le Saint-Siége. Mayenne exhortait les princes et les seigneurs royaux à se séparer des hérétiques et à abandonner le roi. Quelque détermination qu'ils prissent, 1l les invitait jusqu’à trois fois, dans le cours de sa déclaration, à députer un certain nombre

Page 1