LIV. III. CH. 1. MAYENNE ESSAIE DE CRÉER DEUX NOUVELLES CHAMBRES
du Tiers-état. La minorité était formée par la Chambre de la noblesse presque entière et par quelques membres de la Chambre du Tiers-état : les uns, en petit nombre, étaient dévoués à la cause de Mayenne ; presque tous appartenaient à la Ligue française et soutenaient la cause nationale. Nuls ne lui rendirent plus de services dans les questions décisives que Rabutin-Delavau, La Chastre et Vitry, de la Chambre de la noblesse; Lhuillier, Langlois, Thielement, Lemaistre, du Vair, Daubray, de la Chambre du Tiers’.
Dès que Mayenne connut les élections des provinces, dès qu’il fut assuré qu'il devait perdre la majorité dans les États par la composition de la chambre du clergé et de celle du Tiers, 1l essaya de la reconquérir en altérant la composition habituelle des États. Il voulut y introduire deux nouvelles chambres. La première se composait des princes lorrains, des officiers de la couronne, des maréchaux et de l’amiral de France qu’il venait de créer au nombre de cinq, des gouverneurs de province ; la seconde avait recu les délégués des divers Parlements ligueurs, les délégués de la Cour des comptes, les membres du Conseil d'Etat *. Les deux nouvelles chambres siégèrent et prirent part d'abord aux délibérations des États de la Ligue. Si l'innovation eût duré et la combinaison réussi, Mayenne aurait formé une majorité favorable à ses vues des deux nouvelles Chambres et de la Chambre de la Noblesse.
Le Parlement de Paris ne nomma ses délégués pour former l’une des deux Chambres que sous la condition et
1 Ce que nous énonçcons dans ce paragraphe sur la composition des trois chambres trouvera sa preuve dans les faits subséquents.
2 Villeroy, Apol. et disc., t. x1, p. 203 À, B. — Recueil tiré des registres du Parlement de Paris, 1652, in-4°.— Procès-verbaux des Etats de 1593, appendice n° 25, p. 800, 801. — Mézeray, Grande histoire, t. III, p. 998, 999.