DISCOURS DE MAYENNE ET DE PELEVÉ A LA SÉANCE D'OUVERTURE
faisant publier et observer le concile de Trente. Enfin il résolut de surmonter les répugnances de la Ligue francaise en lui persuadant qu’elle serait impuissante à réaliser son vœu de reconnaître le roi, et qu’elle ne verrait la fin de ses maux que quand elle lui aurait conféré à luimême le pouvoir et les forces nécessaires pour l’accabler. Tout dans les États de la Ligue, du côté de Mayenne et de ses conseillers, tendit à ce Dit et tourna sur ce pivot.
Le 26 janvier, à la séance d'ouverture des États de la Ligue, Mayenne prononça un discours dans lequel 1l annonca le grand changement où toutes les ambitions trouvaient leur compte. Il dit que le sujet principal pour lequel les États avaient été assemblés était l’élection d’un roi catholique; et par ce seul mot 1l ôtait à Henri son droit héréditaire et la chance même d’être choisi, puisqu’il n’était pas catholique '. Le duc recommanda, mais avec discrétion et indirectement, sa candidature et celle de son fils, en rappelant ses services. Le cardinal Pelevé parla après lui; et cet homme, qui après avoir trahi les intérèts de la France était resté vingt ans à Rome pensionné par l’Espagne, opposa à la candidature de Mayenne celle de Philippe Il, en faisant un pompeux éloge de ce prince.
Le discours de Pelevé n’excita que le mépris et le rire, non pas seulement parce qu’il était ridicule, mais parce que la composition actuelle des États était peu favorable à son ardeur anti-française. Très peu de députés des provinces étaient arrivés : l'assemblée se composait presque entièrement des deux nouvelles chambres de Mayenne et de la députation de Paris ; er cette députation ne comptait alors dans ses rangs que des Politiques, des ligueurs français ou des hommes modérés, même dans l’ordre du clergé.
1 Voyez ci-dessus à la fin du chap. 6 du livre 11, p. 354, 355, l’exhortation de Monseigneur le cardinal de Plaisance légat du pape.