LIV.11I. CH. 1. PREMIÈRES DÉLIBÉRATIONS ET RÉSOLUTIONS DES ÉTATS
La présence exclusive aux États des bons citoyens se fit sentir encore dans les délibérations des jours suivants. Le 27, dans une assemblée particulière tenue à son domicile, le légat ayant proposé aux principaux députés de signer, à la première séance, un serment par lequel ils
s'engageraient à ne Jamais traiter, à ne conclure ] jamais de paix avec le roi de Navarre, cette ouverture fut rejetée. Le même jour, à la séance des États, le légat tenta tout aussi vainement de se faire déférer la un de l'assemblée : on décida qu'il ne paraïtrait aux Etats que pour les bénir; qu’en qualité d’étrânger, il n’y aurait ni séance ni voix. Le 28, la proposition des royaux pour une conférence fut apportée au conseil d'Etat. Le légat et Pelevé firent d’incroyables efforts pour empêcher que la proposition ne füt déférée aux États : le conseil décida au contraire que l’assemblée en serait saisie ".
Mayenne et son conseil he désiraient pas plus la paix avec le roi que les agents de l'Espagne; mais sous peine de s’aliéner les esprits et les cœurs dans son propre parti, le duc était tenu d'accepter la conférence qu’il avait proposée lui-même dans son manifeste, et de se prêter en apparence aux voies d’une conciliation ardemment désirée par les villes de la Ligue. De plus, il espérait dans le rapprochement et l’abandon d’une conférence séduire les seigneurs royaux à sa Cause par l’adresse de ses agents. IL comptait enfin tenir les Espagnols en respect par la crainte de le voir traiter avec le roi.
Philippe If, ses mimistres et ses créatures à Paris, ne tardèrent pas à regagner dans les États le terrain a 1ls avaient perdu lors de louverture de cette assemblée. Dans les premiers jours de février, les représentants des
1 Pour ces trois paragraphes, Lestoile et son suppl., p. 114 B, 145 111 B. — Thuanus, 1. cv, $ 18, t. v, p. 254. — Villeroy, Apol. et disc. t. XI. p. 202 B, 203 A. — Registre du Tiers-Etat, p. 21, à la fin, 23, 24.