LES ÉTATS REJETTENT L'ÉTABLISSEMENT DES NOUVELLES CHAMBRES
provinces arrivèrent en grand nombre : la seule séance du 4 février en reçut dix-huit nouveaux. Presque tous ces députés étaient vendus au roi catholique. Le parti espagnol se trouva alors assez fort pour faire adopter, au moment de la vérification générale des pouvoirs, des mesures d’une haute gravité !. L'innovation des délégués des Parlements, la formation de deux nouvelles chambres furent rejetées par les Etats : les délégués des Parlements qui
1 Nous avons à justifier l'exactitude de notre exposé sur ce point, et. à montrer au lecteur que la critique qu'on en a faite n’est nullement fondée.
Dans les réunions préparatoires qui eurent lieu du 13 décembre 1592 au 21 janvier 1593, et dans lesquelles furent vérifiés les pouvoirs de ceux des députés qui étaient présents à Paris, comme le témoigne Mézeray, t. III, p. 998 ; dans les séances solennelles, tenues du 26 janvier au # février où deux résolutions importantes furent prises, les Etats de la Ligue ont admis à siéger et à voter les deux nouvelles Chambres que Mayenne se propose d'introduire au sein des États, l’une composée des membres du Parlement de Paris et des membres de son conseil, l’autre des princes, officiers de la couronne, gouverneurs de provinces. Le 4 février l'exclusion en ce qui concerne les votes, est donnée à ces deux Chambres par les États. Le rapprochement de ces faits suffirait seul pour prouver que la survenue de nouveaux députés a changé la majorité, et que la majorité est maintenant acquise aux partisans de l'Espagne, lesquels jugent la présence de ces nouvelles Chambres contraire à leurs projets. Mais à ces faitsse joint le témoignage formel de M. Villeroy, qui a pris une part de tous les jours aux événements de cette époque. Après avoir exposé la composition de ces deux nouvelles Chambres, il ajoute, page 103 B. : « Ce » qui avoit esté composé ainsi exprès pour contrepoiser les voix des » députez qui prenoient le nom des Estats, composez desdits trois » ordres, lesquels estoient la pluspart factieux , nécessiteux et enne- » mis du repos public. es/eus et venus exprès pour favoriser les des- » seins des Espagnols. Toutesfois ils avoient tant de pouvoir qu'après » avoir faict renverser la députation des ecclésiastiques de Paris, » contre les formes ordinaires, 1/s avoient aussi commencé d’exclure de » ladite assemblée lesdites compagnies, du moins rendre leur assis- » tance inutile, parce que leurs voix n'étaient plus comptées. »
Le rapprochement de ces faits et cette citation prouvent combien est peu fondée l'observation de M. Henri Martin, t. x, p. 304, lequel prétend que nous avons eu tort de voir une victoire du parti espagnol dans l’exclusion donnée par les Etats de la Ligue aux deux nouvelles Chambres,