LIV. II. CH. I. MAJORITÉ MOMENTANÉE POUR PHILIPPE HI
continuèrent jusqu'à la fin du mois de mai à siéger dans l'assemblée n’y eurent plus de voix, furent réduits à donner leur avis comme simple conseil, et virent jusqu’à leur présence souvent contestée. La députation des ecclé— siastiques de Paris, composée d'hommes modérés, fut renversée contre toutes les formes, et remplacée par les membres les plus fougueux du parti ligueur. On comp tait parmi eux Boucher, Génébrard et Cueilly. Le 8 fé— vrier, Mayenne fut contraint de quitter Paris pour aller recevoir et contenir à la fois l’armée espagnole, qui en— trait alors, pour la troisième fois, dans le royaume : son départ et la présence des troupes étrangères ajoutèrent infiniment à la force et à l’audace de ses adversaires. Les jours suivants, bon nombre de députés arrivèrent encore, et la plupart appartenaient au Tiers-état et à la faction espagnole. Le 21 février, les Etats comptèrent quatrevingt-neuf députés, le double de ce qui s'était trouvé à la séance d'ouverture !. Par suite de ces divers incidents, dans le cours du mois de février, une majorité en faveur de Philippe IT s’était formée au sein des Etats. Elle avait adopté le programme suivant : renverser Mayenne aussi bien que Henri, élever à la souveraineté le roi d'Espagne avec les votes et les mains de la Ligue : pour obtenir ce résultat, rendre la Ligue et le parti royal irréconciliables, et, par conséquent, combattre à outrance la proposition de la Conférence.
1 Registre du Tiers-état, p. 25, 43, 56; registre du clergé, p. 378, pour la vérification des pouvoirs; liste des députés, p. 3. — Lestoile, p. 117, A.'— Villeroy, Apol. et Disc., t. xI, p. 203 B. C’est Villeroy, témoin oculaire, qui fournit les renseignements sur la nullité à laquelle le parti espagnol dans les Etats réduisit les délégués des Parlements, et sur l’altération que les Seize et les partisans de Philippe I firent subir à la députation des ecclésiastiques de Paris. Dans la citation précédente nous prenons et nous relevons le passage suivant : « Is avoient tant de puissance, qu'ils avoient faict renverser la dépu- » tation des ecclésiastiques de Paris, contré les formes ordinaires. »