LIV. III. CH. J. ELLE PASSE AVEC BEAUCOUP DE PEINE
présentèrent au légat que, dans la passion que montraient pour la paix la noblesse et les grandes villes de la Ligue, si l’on repoussait la Conférence, si on leur ôtait violemment et de prime abord tout espoir d’accommodement, on courait risque de les jeter dans la résolution désespérée d'abandonner la Ligue et de se soumettre au roi. Ils ajoutèrent que le parti de Henri se prévalait déjà de ce que l’on avait laissé, pendant tout un mois, ses propositions sans réponse, et trouvait créance auprès des peuples. Ils remontrèrent en outre au légat, qu’en se déclarant ouvertement pour Philippe IF, en obéissant à ses instructions et en servant ses intérêts, il se rendait per sonnellement suspect et odieux aux Français, dont la majorité, même dans la Ligue, détestait les projets et la domination espagnole; que de plus il compromettait de la manière la plus grave les intérêts du Saint-Siége en l’'exposant à voir la France se détacher de sôn obédience. Ce dernier argument tirait une grande force des résolutions agitées en ce moment même par le Parlement de
pour se convaincre qu'il y eut, de la part du légat, action et intervention auprès des Chambres du elergé et du Tiers pour la leur faire accepter. Voici quelques passages de Villeroy : « Je ne puis vous re- » présenter les contestations et les disputes que ceste proposition en- » gendra en ladite assemblée (l'assemblée des Etats). Je crois qu’a- » près le partement du duc de Mayenne, la conférence eust esté ren- » versée, si MM. de Lion et Janin ne s’y fussent vivement employez, » avec les gens de bien qui estoient encores en ladite assemblée; car » de cardinal de Pellevé (président de la Chambre du clergé) ne pou- » voit gouster la conférence, et les Espagnols avec leurs partisans » contredisoient ouvertement... Mais à la fin le cardinal de Plaisance se » laissa persuader... Ce sont les raisons auxquelles le légat se laissa » vaincre. » Donc les Chambres du clergé et du Tiers, où se trouvent les partisans des Espagnols, contredisent d’abord à la Conférence, la combattent, travaillent à la faire repousser. Donc le légat qui a partagé d’abord leur répugnance et leur opposition, mais qui s’est laissé persuader, intervient auprès de ces Chambres, et s'emploie pour les amener à accepter la Conférence. D'où il résulte que l’inexactitude est du côté de M. Martin et non pas du nôtre.