RESTRICTIONS CONTRE LE ROI MISES A LA TENUE DE LA CONFÉRENCE
Tours, qui, apprenant le refus fait par le pape d’accueillir les ambassadeurs du roi, proposait, pour la seconde fois, d'établir un patriarche en France. Enfin, on ne peut douter, d’après les faits subséquents, que Jeannin et d’Espinac n'aient séduit le légat par l'espérance de faire recevoir et publier en France le concile de Trente. Séga se laissa vaincre à ces raisons, les fit goûter aux Chambres du clergé et du Tiers, et leur persuada de voter pour la Conférence. Villeroy, qui prit une part active à ces débats, témoigne que sans l’intervention du légat, la proposition de la Conférence aurait été, selon toute apparence, renversée dans les Etats.
Dans les séances des"25 et 26 février, les trois Chambres décidèrent en principe que la Conférence aurait lieu, mais sous uue forme déterminée et avec une restriction. Le 1° mars, elles rédigèrent, et le 6, elles adressèrent leur réponse aux catholiques royaux. Les deux points principaux étaient ainsi exprimés : 1° Il à été résolu et arrêté par les Chambres que l’on ne doit conférer direc— tement ou indirectement avec le roi de Navarre, ni avec aucun hérétique, pour l’établissement de ce prince; 20 il a été arrêté que l’on pourra conférer avec les catholiques, suivant son parti, pour ce qui touche la conservation de la religion, le bien de l'Etat et le repos du royaume, et pour leur réunion à l'Eglise catholique, apostolique et romaine !,
D’Espinac et Jeannin avaient pressé la Conférence dans l'intérêt et les vues de Mayenne, que nous avons exposés précédemment. Les partisans de l'Espagne, dans la chambre du Tiers et dans celle du clergé, l'avaient consentie sur la crainte de se voir abandonnés par les villes de la
1 Pour ces deux paragraphes, Villeroy, Apol. et dise., t. XI, p. 203, 204, 205. — Registre du Tiers, p. 62, 63, 73-76. — Registre du clergé, p. 385-387, 391-393, — Registre de la noblesse, p. 570.