‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 383 sur 636 · LIV. II. CH. I. ESPÉRANCES CONTRAIRES QU'ELLE FAIT NAITRE · texte numérisé non relu

LIV. II. CH. I. ESPÉRANCES CONTRAIRES QU'ELLE FAIT NAITRE

Ligue en cas de refus de leur part !. Ils comptaient qu’elle ne produirait pas de résultats, ou qu’elle n’en amènerait que de favorables à la Ligue. Le parti de Mayenne et le parti espagnol se flattaient également de rompre la Conférence à leur gré, si elle venait à présenter le moindre danger, ou de la rendre nulle en renvoyant au pape la connaissance et la pleine décision de ce qui concernait la conversion de Henri. Mais Villeroy, qui, bien que conseiller d'Etat de Mayenne, agissaït uniquement pour la Ligue française, mais les représentants de ce parti dans les États, entre autres Lemaistre, jugeaient tout autrement les effets et l’issue probable de la Conférence. Dans la restriction mise par les États de la Ligue de.ne pas traiter avec le roi, et de ne traiter qu'avec les catholiques de son parti, ils ne voyaient qu'une vaine procédure de forme qui ne pouvait nuire au fond de la négociation. Appréciant d’une manière juste les dispositions des peuples et même d’une portion des chefs, ils estimaient que, dans la lassitude générale de la guerre et la crainte de la domination étrangère, la Conférence n’amènerait pas seulement un armistice dont Mayenne et les partisans de l'Espagne pourraient se jouer à leur gré, mais bien une trève, après laquelle personne ne consentirait plus à reprendre les armes; que, par conséquent, la conférence devien— drait un sûr acheminement à la pacification du royaume et à la reconnaissance du roi*. L'événement justifia leurs calculs, et, après le consentement donné par Henri à son changement de religion, la Conference devint le plus puissant moyen de salut de la France. Voyons quelles épreuves elle eut à traverser et quels obstacles à vaincre.

Tandis que cette résolution si importante était prise à

1 Registre du clergé, p. 385. « Davantage les peuples ne pourront » trouver moyen ny occasion de se fascher. »

? Villeroy, Apol. et disc., p. 202 B, 205 B.

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