‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 385 sur 636 · LIV. II, CH. I. ARRIVÉE DU DUC DE FERIA À PARIS · texte numérisé non relu

LIV. II, CH. I. ARRIVÉE DU DUC DE FERIA À PARIS

argent, une pareille force militaire étaient bonnes tout au nt à quelque entreprise secondaire, ou à la défense de quelque point déterminé du territoire : elles ne pouvaient rien de grand, rien de décisif. Les Espagnols, en particulier, nt à leurs 4,500 hommes, se trouvaient parfaitement hors d'état de faire la loi aux États de la Ligue et à la France. Mayenne, avec cette armée, alla assiéger Noyon, dont la prise, combinée avec l’occupation de Pontoise par les ligueurs, devait rendre libre le cours de l'Oise, et rouvrir à Paris des pays d’approvisionnement !.

Le duc de Féria, comptant fort peu sur les promesses et sur le concours de Mayenne, parce qu’il le connaissait bien, comme le prouve sa correspondance, quitta Soissons pour se rendre à Paris où il entra le 9 mars. Il ar— riva mal pourvu de ce qui était nécessaire pour séduire des chambres telles que celles du Tiers-état et du clergé. Au milieu du grave dérangement survenu dans ses finances, Philippe IT n'avait de disponible pour les intri— gues et pour la corruption qu'une somme de 200,000 écus ou 600,000 livres de ce temps. Féria avait ouvert l'avis d'employer cette somme tout entière dès l’ouverture des États à gagner les députés. Mais il n’avait pu faire partager ce sentiment à son maître : Philippe I avait remis à un an la distribution de la plus grande partie de cet argent, .et prescrit formellement à ses ministres de ne récompenser les traitres qu'après le service rendu, c’est-à-dire après le vote émis en faveur de sa royauté

1 Supplément de Lestoile, p. 123, A, S 1%. — [L'’exactitude des détails relatifs aux conventions entre Mayenne et les Espagnols, qu'il rapporte, est attestée par Villeroy dans le passage suivant, p. 205 A, . à la fin : «Le duc de Mayenne rencontra à Soissons le duc de Féria.… » Il eust beaucoup de peine d'en tirer de l'argent, et fust contrainct » de leur promettre des choses qu il ne leur bbsérva, ainsi qu'ils l’ont » publié depuis. »

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