‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 387 sur 636 · LIV. III. CH. I. LE TIERS-ÉTAT S'ÉLOIGNE DES ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

LIV. III. CH. I. LE TIERS-ÉTAT S'ÉLOIGNE DES ESPAGNOLS

l'énergie de son refus. L’ambassadeur chercha tout aussi vainement à tenter le chapitre de Notre-Dame qui mourait de faim : le doyen Seguier l’invita à ne pas se mêler des nécessités et des ressources du chapitre. Le peu d’argent dont Féria disposait s’écoula entre les mains des Se1ze et des prédicateurs de la Ligue. Ces derniers com-— mencèrent, le 19 mars, à attaquer tous ensemble dans leurs chaires Mayenne et Henri IV, ajoutant : « Qu'ils » vouloient bien qu’on sçut qu’ils aimoient mieux avoir » l'Espagnol catholique pour roy, que non pas l’hérétique » Béarnais. » Mais ces déclarations éhontées et antinationales ne provoquaient plus depuis longtemps que le mépris et le dégoût, même chez les dernières classes du peuple de Paris !.

Ces manifestations éclatantes des sentiments français, parties de toutes les classes de la population de Paris, déconcertèrent et intimidèrent les partisans de l'Espagne dans les États. De plus, ils ne tardèrent pas à reconnaître que Féria n'avait pas apporté de quoi satisfaire leur avidité, et qu'il ne pouvait leur donner que des promesses à long terme. Dès lors un notable changement survint dans les dispositions de l’assemblée : «Tels qui estoient » venus disposés de les favoriser et servir en payant, les » maudissoient, voyant qu'il n’y avoit rien à gagner » avec eux ?. »

Les événements de la guerre achevèrent de porter la désorganisation dans le parti que les Espagnols avaient eu d’abord au sein des Etats. Le 29 mars, l’armée hispano-ligueuse, commandée par Mayenne et Mansfeld, s’empara de Noyon. Après la prise de cette ville, les Parisiens s'attendaient à la voir s'approcher de leurs murs, enlever les places et les forts occupés par Henri, particu-

1 Lestoile, p. 120 B, 121, 192.

2? Villeroy, Apol. et disc., p. 208 B.

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